France-La droite critique "l'apartheid" de Valls, qui persiste

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(Actualisé) PARIS, 21 janvier (Reuters) - Nicolas Sarkozy et la droite ont dénoncé mercredi les propos de Manuel Valls, qui a estimé que certains quartiers de France étaient victimes d'un "apartheid", les jugeant incompatibles avec "l'unité nationale" nécessaire après les attentats djihadistes du début du mois. Interpellé lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a persisté, estimant que le pays constatait "un processus de ségrégation, de ghettoïsation" dans certains quartiers, et "un apartheid territorial, social, ethnique" sur lequel naîtrait le djihadisme responsables des attentats qui ont fait 17 morts en France. ([ID:nL6N0UZ2AT) Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, s'est dit "consterné" par l'utilisation par Manuel Valls du terme "apartheid" pour décrire la situation dans certains quartiers. "Comparer la République à 'l'apartheid' est une faute", a accusé l'ancien chef de l'Etat sur France 2. "Nous avons fait un effort considérable d'investissement dans les banlieues, pour permettre une vie meilleure aux habitants de ces quartiers. Imaginez ce que peut penser aujourd'hui un habitant de la ruralité qui se sent si souvent abandonné, qui ne brûle pas d'abribus, qui ne casse pas les voitures, qui voit que le Premier ministre (...) compare la République française à l'apartheid ?", a-t-il ajouté. Pour l'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez, la France ne saurait être comparée à l'Afrique du Sud d'autrefois, où régnait "un racisme d'Etat". "La France serait-elle raciste selon vous ? M. Le Premier ministre, la France n'est pas Soweto, la France n'est pas l'apartheid", a dit le député. "Bien sûr il y a des difficultés, mais rien n'excuse l'intégrisme islamiste", a poursuivi Laurent Wauquiez, accusant Manuel Valls de prôner "la culture de l'excuse, qui conduit à cautionner la violence". "Vos propos ne sont pas compatibles avec l'unité nationale. La République n'a pas à s'excuser." Persistant dans ses propos tenus la veille lors des voeux à la presse, Manuel Valls a mis en avant dans sa réponse son expérience d'ancien maire d'Evry, dans la banlieue parisienne. "Je ne peux pas accepter, comme vous, qu'il y ait ces processus qui font qu'on entasse, et j'utilise ce mot, les mêmes populations, avec les mêmes origines et aujourd'hui avec les mêmes religions. Ça n'est pas ça, la France", a-t-il dit. Le Premier ministre a dit l'importance d'engager "plus de moyens" pour rétablir "l'ordre républicain", rappelant les mesures contre le terrorisme annoncées mercredi lors d'une conférence de presse à l'Elysée. ( ID:nL6N0V01YG ) Plusieurs ténors de droite ont, comme Laurent Wauquiez, désapprouvé mercredi le terme "apartheid". Un mot "excessif" pour l'ex-Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, qui a toutefois reconnu sur Europe 1 que "dans un certain nombre de quartiers, nous avons une situation où la République se trouve absente." Sur RFI, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a désapprouvé le terme mais repris celui de ghettos "parce qu'il y a effectivement des quartiers, dans les zones dites sensibles, où le taux de chômage est de 24,5%". Le socialiste Jean-Jacques Urvoas, pourtant proche de Manuel Valls, s'est lui aussi démarqué du Premier ministre. "Je n'aurais pas choisi ce mot-là parce qu'il est connoté géographiquement et historiquement", a-t-il dit sur BFM TV. "Cela voudrait dire que la France a fait une partition de ses territoires." (Elizabeth Pineau, avec Sophie Louet, édité par Gérard Bon)

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