France-La droite brocarde Hollande pour ses quatre ans à l'Elysée

le
1
    * Des candidats à la primaire raillent le "ça va mieux" 
    * Le bilan de Hollande démonté, appels à l'alternance 
    * Hammadi défend des "signes positifs" 
    * Lemaire conseille au gouvernement d'appuyer sur "Pause" 
 
    PARIS, 6 mai (Reuters) - Les candidats à la primaire de la 
droite canonnent François Hollande vendredi, jour anniversaire 
de l'élection du socialiste à l'Elysée, en confrontant notamment 
le "Ça va mieux" du chef de l'Etat à des indices conjoncturels 
selon eux rédhibitoires. 
    Les jeunes Républicains ("NouS les jeunes"), qui soutiennent 
Nicolas Sarkozy, devaient déposer vendredi à 18h00, au Bourget, 
où François Hollande prononça le discours emblématique de sa 
campagne le 22 janvier 2012, une gerbe pour dénoncer les 
promesses non tenues du quinquennat. 
    Sur les réseaux sociaux, avec pour Twitter les hashtags 
#ÇaVaMieux #6Mai #Déjà4Ans #PlusQuUnAn, ils fustigent tour à 
tour l'"antisarkozysme primaire" et "le détricotage de tout ce 
qui a marché sous Nicolas Sarkozy" (heures supplémentaires 
défiscalisées, peines planchers, retraite à 62 ans, etc.), la 
"girouette Hollande" (déchéance de nationalité, loi Travail 
détricotée..), l'aggravation du chômage ou encore le "matraquage 
fiscal". 
    L'équipe d'Alain Juppé a choisi l'humour décapant, avec pour 
égérie Marylin Monroe susurrant "Happy birthday Mister 
President" le 19 mai 1962 au président américain John F. 
Kennedy, pour clamer "Vivement 2017". 
    Un clip alterne les déclarations optimistes de François 
Hollande le 14 avril sur France 2, où le chef de l'Etat avait 
estimé notamment que "Ça va mieux" en France, avec des chiffres 
le contredisant sur les hausses d'impôts, l'alourdissement de la 
dette, les inégalités scolaires, le chômage des jeunes, le 
mal-logement etc. 
    Une voix-off conclut : "Alors, on continue ou on change?", 
en invitant à voter à la primaire de la droite des 20 et 27 
novembre. 
     
    "HOLLANDE N'EST PAS MORT" 
    Les "Jeunes avec BLM", soutiens de Bruno Le Maire, parodient 
pour leur part le slogan "Hé oh la gauche!" lancé par le 
ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll pour défendre le 
bilan du quinquennat en déclinant un "#HéHollande" au fil de 
cinq vidéos opposant là encore les déclarations du président à 
des chiffres négatifs. 
    Hervé Mariton, l'un des candidats à la primaire de la 
droite, a mis en garde vendredi contre un enterrement prématuré 
de François Hollande, qui a fait un pas cette semaine vers une 
candidature en 2017.   
    "Une élection n'est jamais gagnée d'avance. (...) Restons 
très vigilants, la gauche n'est pas morte, Hollande n'est pas 
mort", a-t-il dit. 
    "La réalité est cependant que la France, quand il en rendra 
les clés en 2017, sera dans un état très dégradé par rapport à 
2012", a-t-il ajouté. 
    Le député Front national Gilbert Collard a déploré sur iTELE 
la "dynamique molle" de "toutes les décisions qui ont été 
prises" depuis 2012. 
    "Il doit y avoir deux ou trois choses de bonnes mais il 
faudrait que je fasse une retraite dans un monastère pour 
trouver", a-t-il ironisé. 
    Même à gauche, Benjamin Lucas, président du Mouvement des 
Jeunes socialistes (MJS), a regretté sur France Info que 
François Hollande ait "fracturé la gauche" avec la réforme 
constitutionnelle -- avortée -- sur la déchéance de nationalité 
et le projet de réforme du Code du travail en cours d'examen à 
l'Assemblée. 
     
    "LA TÊTE DANS LE GUIDON" 
    "Beaucoup de mauvais esprits comparent souvent ce qui se 
passe en ce moment au Titanic, sauf qu'avec cette loi, j'ai 
l'impression qu'on est train nous-mêmes de créer l'iceberg. Et 
je ne voudrais pas que ça nous conduise à la catastrophe en 
2017", a-t-il dit à propos du projet de loi El Khomri. 
    Razzy Hammadi, député socialiste et porte-parole du PS, a 
estimé sur LCI qu'il était trop tôt pour dresser le bilan de 
l'action de François Hollande mais il a voulu défendre des 
avancées. 
    "Il y a des signes positifs sur le front du chômage", "nous 
sommes le seul pays d'Europe qui a réduit ses déficits, fait des 
réformes, investi des milliards supplémentaires, pour en faire 
le premier budget de l'Etat, dans l'Education, la justice et la 
police, tout en baissant les impôts", a-t-il dit. 
    Interrogé sur l'impopularité croissante du chef de l'Etat, 
il a répondu : "La défiance, elle ne date pas d'aujourd'hui" à 
l'égard des gouvernants. 
    Dans un sondage Elabe diffusé jeudi, François Hollande 
enregistre le plus bas niveau de confiance (16%) depuis son 
élection.   
    "Il est peut-être important d'appuyer sur le bouton 'pause' 
parce qu'il y a un décalage" entre l'action du gouvernement et 
la perception des Français, a reconnu sur RTL Axelle Lemaire, 
secrétaire d'Etat au Numérique. 
    "Nous, très franchement au gouvernement, on a la tête dans 
le guidon. (...)Finalement, tout ce qu'on fait, est-ce que c'est 
lisible, est-ce que ça apparaît comme cohérent aux yeux de nos 
concitoyens?", s'est-elle interrogée. 
 
 (Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • janaliz il y a 7 mois

    Il parait que le champion cyclotouriste a un bilan... probablement de santé... car pour le reste...

Partenaires Taux