France-La dégressivité des allocations chômage peu probable

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    * Les syndicats contre la dégressivité des allocations 
    * Le Medef juge que c'est une piste mais pas la meilleure 
    * Le gouvernement fait pression sur les partenaires sociaux 
    * La négociation sur la convention Unedic commence le 22/2 
 
 (Avec déclaration Gattaz et autres réactions) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 2 février (Reuters) - Le retour dans le débat public 
de l'idée d'indemnisation dégressive des chômeurs contribue à 
tendre le climat dans lequel  les partenaires sociaux 
commenceront le 22 février à négocier une nouvelle convention de 
l'assurance chômage (Unedic). 
    Mais au moment où le chômage continue de battre des records 
en France, le rétablissement de cette dégressivité, expérimentée 
entre 1992 et 2001, paraît peu probable à ce stade. 
    Les principaux syndicats, gestionnaires avec le patronat de 
l'Unedic, ne veulent pas d'une mesure qualifiée d'"humainement 
stupide" et de non-sens économique par la numéro 2 de la CFDT. 
    "On ne va perdre du temps à discuter d'un truc qui ne marche 
pas", a déclaré Véronique Descacq à Reuters. 
    La gauche est en grande partie sur la même ligne. "C'est une 
folie, c'est une nouvelle concession faite au patronat", a dit à 
BFM TV le secrétaire national du PC Pierre Laurent. 
    Même le Medef, première organisation patronale française, 
qui plaide pour une réforme structurelle intégrant des mesures 
d'incitation à la reprise de l'emploi, se montre circonspect. 
    "C'est une piste mais ce n'est pas forcément la meilleure. 
Nous ne sommes pas arc-boutés sur la dégressivité", a confié 
mardi à Reuters son président, Pierre Gattaz.   
    L'opposition de droite, plutôt favorable à ce type de 
solution, se montre également prudente. 
    Pour le député Eric Ciotti (Les Républicains), cela fait 
partie des solutions face au déficit de l'Unedic et pour inciter 
les chômeurs à reprendre un travail. Mais à condition de créer 
des emplois, "ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-il dit.  
     
    PRESSION SUR LES PARTENAIRES SOCIAUX 
    La ministre du Travail a déclaré dimanche sur BFMTV qu'il 
fallait "regarder les choses de façon non passionnée". Mais 
Myriam El Khomri a reconnu que la dégressivité n'avait pas 
démontré son efficacité en 1992-2001. 
    Le ministre des Finances, Michel Sapin, n'en a pas moins 
estimé lundi que c'était une piste, même si elle devait être 
assortie d'autres mesures : "Si vous êtes dans la dégressivité 
d'un côté, vous devez être (...) dans l'augmentation des droits 
à la formation, des droits à la reprise de l'emploi."  
    Ses collègues de l'Economie et des Relations avec le 
Parlement, Emmanuel Macron et Jean-Marie Le Guen, ont aussi jugé 
que les partenaires sociaux devaient considérer cette option. 
    Dans ses voeux aux acteurs sociaux, le 18 janvier, François 
Hollande avait insisté sur la nécessité de "tout faire pour que 
le retour vers l'emploi soit encouragé, favorisé et financé". 
    Le chef de l'Etat a alors déclaré que la renégociation de la 
convention Unedic devrait être l'occasion de revoir un certain 
nombre de règles et de "réorienter les financements". 
    "En France, la durée d'indemnisation est la plus longue 
d'Europe mais la durée de formation des chômeurs est la plus 
courte. C'est ce qu'il faut changer", a-t-il fait valoir.  
    "C'est la responsabilité des organisations d'employeurs et 
de salariés. Je leur fait confiance pour aboutir à la signature 
d'une nouvelle convention sur ces bases", a-t-il ajouté.  
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a accentué mardi la 
pression en déclarant à l'Assemblée nationale que syndicats et 
patronat avaient une responsabilité, dans le cadre de la 
négociation de l'Unedic, dans la lutte contre le chômage. 
         
    KHOMRI TENTE DE CALMER LE JEU 
    "Le gouvernement invite chacun (...) à tout faire pour 
réduire le déficit de l'Unedic et pour permettre le retour à 
l'emploi", a-t-il dit. "Si cette négociation n'aboutissait pas, 
le gouvernement (...) prendrait pleinement ses responsabilités. 
    Myriam El Khomri s'était auparavant efforcée, sur RTL, 
d'apaiser la polémique sur la dégressivité en rappelant que les 
chômeurs devaient recevoir "un revenu décent". 
    Elle a estimé que la durée d'indemnisation n'était ni un 
problème ni le seul paramètre à étudier et que d'autres options 
existaient, comme la durée d'affiliation, le coefficient de 
conversion des jours cotisés en jours indemnisés ou le taux de 
remplacement du salaire par l'allocation chômage. 
    Un des arguments des avocats de la dégressivité, outre 
l'incitation au retour au travail, est la situation financière 
de l'Unedic, qui prévoyait en octobre, pour 2015, un déficit de 
4,4 milliards d'euros et un endettement de 25,8 milliards. 
    Mais pour Véronique Descacq, "la clef d'entrée dans la 
négociation ne peut pas être la réduction du déficit" de 
l'Unedic. "La clef d'entrée, c'est l'aide aux demandeurs 
d'emploi pour les remettre en selle" par la formation, 
l'accompagnement et "un niveau correct d'indemnisation". 
    CFDT et CGT s'accordent également à estimer que le recours 
aux contrats de travail de courte durée par les entreprises doit 
être surtaxé, en instaurant une cotisation progressive selon la 
durée du contrat ou un système de bonus malus. 
    "On va parler de ça pendant la négociation", souligne 
Véronique Descacq, qui dit avoir le sentiment que le Medef est 
également prêt à en discuter. 
 
 (Avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M5062559 il y a 10 mois

    Oui cela fait partie des mesures à mettre en oeuvre devant les déficits. Mais si en parallèle, il n'y a pas de réformes de l'état, ce sera considéré comme injuste. Il y aura encore une fois le privé qui prend les coups et le public qui n'est pas touché. Ce serait une folie !

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