France : la croissance repart timidement, pas l'emploi

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La croissance est de retour en France, la baisse du chÃ?mage attendra.
La croissance est de retour en France, la baisse du chÃ?mage attendra.

L'Insee prévoit 0,4% de croissance au premier trimestre et 0,3% au second alors que Bercy confirme sa prévision réaliste de 1% pour l'ensemble de l'année. Des chiffres qui resteront insuffisants pour faire reculer le chômage en 2015. Des réformes structurelles plus ambitieuses doivent être mises en place estime de son côté l'OCDE dans un rapport.

L'économie française va mieux. Rien de mirifique bien sûr mais les prévisions de l'Insee d'une croissance de 0,4% de janvier à mars, puis de 0,3% d'avril à fin juin confortent celles de Bercy qui table toujours sur une croissance de 1% en 2015 contre un très timide +0,4% l'an dernier. Pas de raison en effet cette fois-ci de reprocher au Ministère de l'économie ses prévisions généralement trop optimistes et souvent démenties par la réalité. L'OCDE, peu suspecte d'indulgence envers la France, attend de son côté 1,1% et l'organisme COE-Rexecode, proche du patronat, vient de relever les siennes de 0,8 à 1,2%. La croissance est donc de retour en France, à un rythme encore faible comparé à la dynamique de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis (des économies qui ont tourné à 2,5% en 2014) mais le rebond est bel et bien là et la croissance française se situe, selon l'Insee, dans la moyenne de la zone euro.

La conjoncture s'améliore en France, mais le taux de ch�mage continue de progresser
La conjoncture s'améliore en France, mais le taux de ch�mage continue de progresser

Pour autant, il serait malvenu de crier au triomphalisme. Cette reprise est d'abord portée par des éléments extérieurs : la chute des prix du pétrole qui redonne du pouvoir d'achat aux ménages et la baisse de l'euro qui donne de l'air aux entreprises exportatrices. Les marges des entreprises sont d'ailleurs attendues en hausse cette année. Il est vrai que les entreprises bénéficient également d'un contexte fiscal plus favorable avec la montée en puissance du CICE et du démarrage du Pacte de responsabilité.

Taux de chômage à 10,2%

« La baisse du prix du pétrole représentera 10 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire pour les ménages en 2015 » a précisé jeudi Michel Sapin alors que le pouvoir d'achat des ménages devrait dépasser 1,6%, soit la plus forte hausse enregistrée depuis cinq ans. La consommation est ainsi attendue en hausse de 0,6% au premier trimestre et de 0,3% au second trimestre.

Le point noir de l'économie française reste toujours la situation dégradée du marché de l'emploi. Grâce aux contrats aidés, la France cesserait de détruire des emplois. Vingt mille postes pourraient être créés au premier semestre. Pas suffisant cependant pour faire reculer le taux de chômage qui va dépasser les 10,2% cette année. Selon l'OCDE, les conditions macroéconomiques plus favorables ne suffiront pas à faire baisser durablement le chômage sans poursuite des réformes structurelles. Pour l'organisation internationale, qui remettait jeudi un rapport détaillé sur l'état de la France, la réforme du marché du travail doit être placée au rang des priorités absolues par le gouvernement. Même si l'OCDE salue les réformes en cours, leur impact demeure encore « trop limité ». La poursuite des réformes devra d'ailleurs s'accompagner, selon l'organisation, d'une nécessaire diminution des dépenses publiques sans pour autant engager des politiques budgétaires trop restrictives. La reprise est encore trop fragile pour se permettre toute rigueur excessive en la matière.

Julien Gautier