France-La croissance ne durera pas sans réforme dit Coeuré (BCE)

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 (Avec déclarations complémentaires, contexte) 
    PARIS, 2 mai (Reuters) - L'embellie économique que connaît 
actuellement la France n'est pas suffisante pour régler ses 
problèmes et ne durera pas sans réformes, a déclaré lundi à 
France Inter Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque 
centrale européenne (BCE). 
    "Ça va mieux", a-t-il dit, reprenant le leitmotiv de 
François Hollande et du gouvernement français depuis quelques 
jours. "Ça ne va pas assez bien, la croissance n'est pas 
suffisante pour régler les problèmes de la France." 
    "La croissance aujourd'hui est soutenue essentiellement par 
la politique monétaire (...), y compris la baisse de l'euro qui 
en fait partie, et par la baisse du pétrole", a-t-il poursuivi. 
"Aucun de ces deux moteurs n'est durable (...) cette croissance 
ne durera pas s'il n'y a pas de réformes." 
    Il a estimé que le projet de loi contesté réformant le 
marché du travail, dont les députés entament l'examen mardi, 
allait "dans la bonne direction" mais arrivait "un peu tard". 
    "Est-ce qu'il est suffisant ? Non. Mais je pense que c'est 
bien d'indiquer la direction. Mieux vaut tard que jamais." 
    Selon le quotidien économique Les Echos, François Hollande 
serait tenté de procéder à une nouvelle baisse des impôts pour 
les ménages avant l'élection présidentielle de 2017. 
    Pour Benoît Coeuré, ce peut être une "bonne idée" à 
condition de "baisser les bons impôts", ceux qui permettent de 
soutenir la croissance et l'emploi, et que cela ne se solde pas 
par une augmentation des déficits publics. 
    "La dette française est de 96% de PIB (...) Ce n'est pas le 
moment d'interrompre le désendettement."  
    S'il y a baisse d'impôt, il faudra donc qu'elle soit gagée 
par une baisse de la dépense, insisté Benoît Coeuré. 
    Il a défendu la politique monétaire de la BCE, tout en 
admettant que cela prendrait du temps concernant l'inflation. 
    "On veut que l'inflation remonte vers 2%", a-t-il dit. "On 
pense qu'en 2018 (...) l'inflation sera de 1,6% (...). D'ici là, 
notamment sur l'année 2016, l'inflation va rester autour de 
zéro, voire même peut-être rester négative." 
    Benoît Coeuré a par ailleurs souhaité que les Britanniques 
décident lors de leur référendum sur l'Union européenne, le 23 
juin, de rester dans l'UE pour éviter une période d'incertitudes 
préjudiciables à l'Europe. 
    "C'est une crise dont on se serait bien passé. L'Europe a 
suffisamment de problème pour ne pas avoir ce problème-là en 
plus à gérer", a-t-il dit.  
    "Ça a le potentiel de créer beaucoup d'incertitude pendant 
une période assez longue, qui sera toute la période où il faudra 
négocier le nouveau régime, le nouveau mode de cohabitation des 
Britanniques avec le reste de l'Europe", a-t-il ajouté. "C'est 
pour ça qu'à titre personnel je souhaite qu'ils restent." 
    Il a en revanche dit qu'il n'était pas "fondamentalement 
inquiet" par l'avenir de la Grèce au sein de la zone euro. 
    "Il reste une discussion sur la trajectoire budgétaire en 
Grèce et la manière dont il faut alléger la dette grecque. C'est 
une discussion compliquée", a-t-il dit. "Mais fondamentalement, 
je pense que la Grèce va rester dans l'Europe et que cet 
allègement de dette aura lieu parce que la Grèce en a besoin." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Jean-Michel Bélot) 
 
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  • M940878 le lundi 2 mai 2016 à 14:00

    ils ont réussi à faire passer une réforme : le mariage gay