France-La Cour des comptes prudente sur le déficit 2016

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    * Un objectif pas hors d'atteinte mais jugé optimiste 
    * La charge de la dette devrait jouer favorablement 
    * Bercy réaffirme qu'il ajustera ses dépenses si nécessaire 
 
    PARIS, 10 février (Reuters) - L'objectif d'un déficit public 
2016 de la France à 3,3% du PIB, en baisse de 0,5 point, n'est 
pas hors d'atteinte mais sa réalisation reste à ce stade 
incertaine malgré une charge de la dette qui devrait être une 
nouvelle fois inférieure aux prévisions, estime la Cour des 
comptes. 
    Dans son rapport annuel publié mercredi, la Cour juge que la 
surestimation des charges d'intérêts dans le scénario budgétaire 
du gouvernement risque d'être insuffisante pour compenser une 
prévision de croissance des recettes "qui pourrait être 
surévaluée de 0,1 point à 0,2 point de PIB" mais aussi un 
objectif optimiste d'évolution des dépenses en valeurs. 
    Elle rappelle que la prévision de croissance du PIB de la 
France de 1,5% en 2016 retenue dans le budget a été jugée 
"atteignable" par le Haut Conseil des finances publiques à 
l'automne. 
    Mais les réserves alors exprimées sur les évolutions de 
l'inflation et de la masse salariale attendues par le 
gouvernement ont été confortées par les dernières prévisions, 
notamment celles du FMI et de la Commission européenne, qui sont 
également un peu moins optimistes sur la croissance   
 . 
    La conséquence en serait des prélèvements sociaux assis sur 
les salaires et des rentrées fiscales, la TVA au premier chef, 
qui risquent d'être plus faibles qu'attendu.  
    "Si l'évolution de la masse salariale était plus proche des 
prévisions de la Commission et de l'OCDE, la perte de recettes 
correspondante pourrait s'élever à près de 0,1 point de PIB", 
écrit la Cour.   
     
    SOUS-BUDGÉTISATION CHRONIQUE 
    Côté dépenses, elle insiste une nouvelle fois sur les 
risques de dépassement des objectifs de l'Etat du fait d'une 
sous-budgétisation chronique de certains postes comme les 
opérations militaires extérieures.  
    La Cour des comptes s'inquiète aussi d'une "surestimation" 
des économies attendues de la future convention d'assurance 
chômage et doute que, comme l'attend le gouvernement, la baisse 
des concours de l'Etat aux collectivités locales soit 
intégralement répercutée dans leurs dépenses. 
    A l'inverse, elle note que la charge de la dette pourrait 
être une nouvelle fois inférieure aux attentes du fait de 
l'inflation faible et de la persistance de taux d'intérêt bas là 
où le gouvernement les voit remonter.  
    Pour les mêmes raisons, elle a atteint 42,1 milliards 
d'euros en 2015 contre 44,3 milliards budgétisés.  
    "Un simple maintien du taux d'intérêt moyen sur la dette 
publique à son niveau de 2015" la réduirait d'autant, soit de 
l'ordre de 0,1 point de PIB, en 2016, étant prévue actuellement 
à 46,8 milliards d'euros. 
    Dans leur réponse à la Cour, le ministre des Finances Michel 
Sapin et le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert 
soulignent que, comme en 2015, le gouvernement mettra en oeuvre 
les mesures nécessaires pour respecter ses objectifs de 
dépenses. 
    "Conformément à ce qui a été fait les années précédentes, 
toute mesure supplémentaire susceptible d'intervenir en cours de 
gestion sera financée par des redéploiements en dépenses", 
écrivent-ils.   
    Côté recettes, Michel Sapin a assuré au début du mois que  
l'exécution du budget 2016 serait adaptée en cours d'année à une 
inflation nettement inférieure aux prévisions, comme cela a déjà 
été le cas l'an passé.  . 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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