France-La Cour des comptes condamne la "tolérance" de l'Etat sur l'alcool

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    PARIS, 13 juin (Reuters) - Les politiques publiques de lutte 
contre les consommations nocives d'alcool en France sont peu 
efficaces en raison de la "tolérance" générale vis-à-vis de ce 
produit, écrit la Cour des comptes dans un rapport publié lundi. 
    La Cour, qui juge ce phénomène lié à l'héritage culturel et 
aux enjeux économiques, suggère de modifier la fiscalité, la 
réglementation de la distribution, du lobbying et de la 
publicité et de développer le contrôle et les sanctions de la 
conduite en état d'ivresse. 
    "L'Etat ne s'est pas donné les moyens d'infléchir les 
comportements à risque", écrit-elle. 
    La vente d'alcool à emporter représente 60% des ventes mais 
moins de 17% des contrôles, ce qui facilite la consommation des 
mineurs, l'encadrement de la publicité a été assoupli à 
plusieurs reprises et "l'encadrement des groupes de pression 
demeure peu contraignant", souligne le rapport. 
    "La fiscalité ne vise ni des objectifs de rendement, le vin, 
boisson la plus consommée, étant très peu taxé, ni des finalités 
de santé publique", poursuit la Cour. 
    Le vin représente ainsi 58% de la consommation et 71% du 
chiffre d'affaires hors exportation mais seulement 3,6% des 
droits d'accise, souligne-t-elle.  
    Le dépistage de l'alcool au volant régresse, les sanctions 
sont peu dissuasives ou difficiles à mettre en oeuvre et aucune 
mesure d'accompagnement vers des soins n'est prévue, 
poursuit-elle. 
    "La France sous-estime largement ses coûts sanitaires (de la 
consommation nocive d'alcool, NDLR), n'isole pas ses coûts de 
prévention et ne mesure pas de manière incontestable ses coûts 
économiques et sociaux", écrit encore la Cour des comptes.   
    Selon les chiffres cités dans le rapport, l'alcool causerait 
49.000 morts par an en France et la consommation y était 
supérieure de 30% à la moyenne européenne en 2014, à près de 12 
litres d'alcool pur par an et par habitant. 
    Le secteur des boissons alcoolisées génère un chiffre 
d'affaires de 22 milliards d'euros et représente 550.000 emplois 
directs et indirects, ajoute la Cour.     
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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