France: la construction de logements neufs s'approche d'un niveau plancher

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PavelShynkarou/Shutterstock.com
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(AFP) - L'activité du secteur du logement neuf en France s'est encore contractée ces trois derniers mois, à un rythme toutefois moins rapide que précédemment, alors que les mises en chantier devraient prochainement toucher un niveau plancher.

Les statistiques du ministère du Logement publiées mardi montrent qu'"on est en train de toucher le fond", analyse Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris X Nanterre.

Les ventes de logements neufs ont reculé de 2,6% en France au premier trimestre, à 20.054 unités. En conséquence, "le niveau des stocks est au plus haut depuis la crise de 2008, atteignant 98.300 logements invendus, soit une progression de 18,1% par rapport au premier trimestre 2012", souligne le ministère.

Le nombre de mises en chantier de logements neufs entre février et avril a ainsi reculé de 1,1% sur un an, alors qu'entre janvier et mars, la baisse atteignait 11,2%.

Ce ralentissement se note aussi au niveau des chiffres cumulés sur douze mois, puisqu'entre mai 2012 et avril 2013, le nombre de mises en chantier de logements neufs a baissé de 16,9%, à 297.438 unités, alors qu'entre avril 2012 et mars 2013, le recul était de 19,5%.

"Les trois grandes composantes du logement neuf sont mal en point", dit M. Mouillart, en référence à l'accession à la propriété, à l'investissement locatif privé et à la construction locative sociale.

Pour l'économiste, le repli des mises en chantier de maisons individuelles (-6,4% sur février-avril, -12,9% sur mai-avril) traduit en effet la panne du marché de l'accession à la propriété, à la suite des modifications apportées au mécanisme du prêt à taux zéro.

Moins de 320.000 logements en chantier en 2013

Le nouveau PTZ+ est devenu moins attrayant là où il était le plus utilisé, c'est-à-dire dans les espaces ruraux et périurbains, souligne-t-il. Aussi, en dépit de conditions de crédit qui se sont encore améliorées, les ménages primo-accédants ont du mal à rendre leur demande solvable.

Quant aux mises en chantier de logements collectifs, si elles se redressent de 6,1% sur la période février-avril, elles plongent de 17% en cumulé sur douze mois.

"Ce qui était en panne depuis plusieurs mois, c'était la promotion immobilière, du fait du repli de l'investissement locatif privé. Mais depuis le début de l'année, c'est vrai aussi de la construction locative sociale", argumente M. Mouillart.

Le recul des agréments de logements locatifs sociaux ces dernières années, dans un contexte de restrictions budgétaires, commence à se répercuter sur les chiffres de la construction, ajoute-t-il.

Les nouveaux permis de construire, qui représentent les mises en chantier de demain, ne sont guère de nature à rendre optimiste.

Le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs entre mai 2012 et avril 2013 reste ainsi en diminution, de 6,6% à 433.339 unités, en dépit d'une hausse de 3,9% sur un an entre février et avril, à 105.881 unités.

Aussi, les mises en chantier devraient connaître en 2013 "un nouvelle diminution, mais de moindre ampleur que l'an dernier", estime M. Mouillart.

Selon l'économiste, le nombre total de nouveaux chantiers (incluant les constructions sur des bâtiments existants) devrait atteindre "un peu moins de 320.000" cette année, soit une baisse d'environ 7,5%. Bien loin de l'objectif de 500.000 logements neufs par an fixé par le président de la République François Hollande, afin de combler le déficit d'habitations dans les régions les plus dynamiques économiquement (Ile-de-France, Rhône-Alpes, Paca).

En 2012, les mises en chantier avaient plongé de 17,8% à 346.000, dont 304.000 pour les seuls logements neufs.

abb/cb/DS

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  • chimien le mercredi 29 mai 2013 à 14:45

    Bien sûr que ce gouvernement est l'une des raisons principales des difficultés de l'immobilier. Pour un investisseur, il faudrait être fou pour orienter ses fonds vers l'immobilier avec des ministres, dont celle du logement, qui est l'ennemie mortelle des propriétaires. Tout à fait normal que ceux qui ont de l'argent se détournent de ce secteur. Et cela n'est pas prêt de changer... Par démagogie et idéologie, ils ont stigmatisé une catégorie de gens, ils n'ont pas fini de le payer.

  • loco93 le mardi 28 mai 2013 à 16:36

    Arrêtez de croire que tout est la faute de ce gouvernement! Si les prix ont atteint un tel niveau, c'est à cause des dispositifs fiscaux des anciens gouvernements, si bien que les primo accédant ne pouvaient déjà plus acheter. De plus financer ces dispositifs fiscaux par les impôts moi je dis stop! croyez vous que cela a été bénéfique pour la France? A votre avis d'où viennent les ouvriers (exploités) des chantiers? seuls les grands patrons de l'immo et les banques ont bien siphonnés vous et moi

  • csanter le mardi 28 mai 2013 à 15:37

    Grâce à notre nouveau type de gouvernement plus personne n'ose investir en France et cela pour encore plusieurs années - vous l'avez voulu alors il faut assumer ses choix !!!!!

  • groundze le mardi 28 mai 2013 à 14:09

    depuis un an la gauche a supprimé tout ce qui permettait à un jeune couple d'acheter et a décourager grave tous les investisseurs ou même propriétaires bailleurs donc ceci explique cela . tout le monde a compris sauf les politiques sur leur nuagesupersum a parfaitement raison: 170m2 lyon 3ieme; 1million d'euros pour du neuf, 600000 euros pour la même surface immeuble haut de gamme 2007

  • supersum le mardi 28 mai 2013 à 12:00

    Normal les ventes explosent dans l'ancien avec le départ des investisseurs bailleurs pourquoi acheter 2 fois plus cher du neuf comme pour les voitures le neuf s'ecroule, l'occasion se porte tres bien, pourquoi acheter une voiture neuve ?