France: la consommation des ménages se maintient mais sans dynamisme

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Monkey Business Images/shutterstock.com
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(AFP) - La consommation des ménages français s'est maintenue ces derniers mois, rebondissant légèrement au mois de novembre mais ne devrait pas retrouver rapidement le dynamisme nécessaire pour relancer la croissance atone de l'Hexagone, selon les experts.

D'après les données publiées vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la consommation a augmenté de 0,2% en novembre, notamment en raison d'une progression des dépenses en énergie.

L'institut a dans la foulée annoncé avoir revu à la hausse ses chiffres pour les deux mois précédents, montrant une tenue de la consommation un peu meilleure qu'annoncé initialement.

"L'évolution de la consommation en biens est maintenant estimée à +0,1% en septembre", contre stable précédemment, "et à -0,1% en octobre, au lieu de -0,2% précédemment".

"Depuis septembre, on a trois mois où la consommation est globalement stable", résume Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas selon lequel "on ne retrouve pas d'impacts trop négatifs" du moral "excessivement" bas des Français.

Toutefois "il ne faut pas s'enthousiasmer à l'excès", modère-t-il.

Ainsi, dans le détail, "il y a assez peu de changement", ajoute M. Barbet, relevant que "les ventes de vêtements restent globalement assez déprimées".

Le secteur du textile, habillement et cuir a de fait continué de baisser en novembre de 0,8% (après -1,0% le mois précédent).

De même, les dépenses en biens durables ont reculé de 0,6% en novembre après une hausse de 0,9% en octobre, "en raison principalement d'un repli des dépenses en automobiles" (-0,9% après une hausse de 1,1% en octobre), selon l'Insee.

L'alimentation n'est pas épargnée, la baisse entamée en août se poursuivant durant le mois (-0,5% comme en octobre).

Seules la consommation en énergie ainsi que celle des biens fabriqués (bricolage, quincaillerie) tirent leur épingle du jeu.

Après une stabilité en octobre, les dépenses en énergie ont rebondi en novembre de 2,7%, indique l'institut des statistiques expliquant que la consommation de gaz, électricité, fioul pour le chauffage a été "stimulée par des températures légèrement en-dessous des normales saisonnières dans la moitié nord du pays" alors que simultanément les dépenses en gazole se sont accélérées.

Pour Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques, s'il y a "des petits chocs liés aux prix de l'énergie, aux températures", la consommation reste au final "atone".

Par ailleurs, les chances d'amélioration restent faibles, selon lui, alors que le nombre de chômeurs (3,13 millions) ne cesse d'augmenter depuis 19 mois se rapprochant du record historique de janvier 1997 et que la croissance au troisième trimestre a été révisée à la baisse vendredi par l'Insee, à 0,1% contre une précédente estimation de 0,2%.

Dans ce contexte difficile, M. Sterdyniak relève de plus que les revenus des ménages sont plutôt en train de baisser, sans gain de pouvoir d'achat ces dernières années.

L'affaiblissement du pouvoir d'achat a poussé les Français à s'adapter et changer de comportements, souligne Dominique Barbet.

Dans le textile et l'alimentation, "les gens ont tendance à baisser en gamme", relève-t-il ainsi.

Et si la consommation française fait preuve d'une bonne résilience comparée à ses voisins européens grâce notamment à une démographie favorable et un système de protection sociale qui permet de lisser les à-coups, elle devrait continuer à stagner, selon ce dernier.

Surtout, elle ne sera pas à même de servir de "moteur" pour la croissance de l'Hexagone dans les mois à venir, explique M. Sterdyniak énumérant les menaces planant sur la consommation dont la hausse prévue de la TVA, l'augmentation du chômage ou encore les menaces sur le pouvoir d'achat des retraites.

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  • NORDGHAZ le lundi 31 déc 2012 à 01:39

    AFP, toute l'information et surtout son contraire !!!