France-La confiance de l'exécutif grandit sur la loi Macron

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PARIS, 7 janvier (Reuters) - La loi sur la croissance et l'activité défendue par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron devrait être adoptée à l'Assemblée sans passage en force du gouvernement, estime la majorité, qui pense remporter son bras de fer avec les frondeurs socialistes. "Je suis confiant dans la capacité de rassemblement de ce texte, et par conséquent il devrait finir par être adopté", a dit mercredi à Reuters Richard Ferrand, le rapporteur du texte, qui prévoit notamment une extension du travail dominical. L'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot a lancé une offensive contre ce projet de loi, dénonçant "un grand bond en arrière", dans l'espoir de coaliser tous ceux qui, à gauche, souhaitent en découdre avec le gouvernement. Pour Emmanuel Macron, la menace est contenue. "Cécile Duflot me fait penser à (l'acteur américain) Woody Allen: 'ma réponse est non, mais quelle est la question?'", a-t-il raillé dans un entretien publié mercredi par Les Echos. "En relisant le projet de loi, elle découvrira que ses craintes ne sont pas fondées", a assuré l'ancien banquier d'affaires, qui sait pouvoir s'appuyer sur des sondages favorables à l'ouverture des magasins le dimanche. L'extension des jours d'ouverture des commerces de détail de 5 à 12 dimanches par an - dénoncé notamment par l'ancienne première secrétaire du PS Martine Aubry - ne devrait pas se révéler in fine être le point de crispation tant attendu. "Il n'est pas question de tomber dans un marchandage sur le nombre de dimanches travaillés à autoriser", a dit Emmanuel Macron. "12 c'est 12" "Je fais écho à ce que dit le président, 12 c'est 12", a confirmé Richard Ferrand, en référence aux déclarations de François Hollande sur France Inter lundi. Le président français y avait rejeté l'idée selon laquelle son gouvernement serait obligé d'abaisser le nombre de dimanches travaillés ou d'utiliser, faute de trouver une majorité, l'article 49-3 de la Constitution, qui permet de passer en force pour adopter la loi, sauf à faire tomber le gouvernement. "Si c'est favorable à l'emploi, si c'est juste socialement, pourquoi la gauche ne la voterait pas ?", s'était interrogé François Hollande. Manuel Valls, qui a obtenu la confiance de l'Assemblée en septembre par seulement 269 voix contre 306 voix en avril, partage le même optimisme. "Le Premier ministre est sur la même ligne que le président", dit-on dans l'entourage de Manuel Valls qui s'était dit "certain", le 10 décembre dernier que le texte serait adopté sans faire usage de l'article 49.3. Si les différents votes pour faire approuver le budget 2015 n'ont été acquis qu'avec de faibles marges d'environ 20 voix, le gouvernement peut aussi espérer l'appui de certains parlementaires centristes, voire UMP, pour voter un texte que la droite juge insuffisant mais intéressant. "Si j'étais parlementaire, je verrais article par article", a ainsi expliqué l'ancien Premier ministre UMP Alain Juppé sur Europe 1. D'autres, comme les UMP Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre ou Thierry Mariani, ont déjà fait savoir qu'ils pourraient voter le texte ou du moins certains de ses articles. Présenté le mois dernier en conseil des ministres, le projet de loi Macron doit être examiné à partir de fin janvier à l'Assemblée nationale. (Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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