France-La commission des Finances contre des coupes budgétaires

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 (Actualisé avec précisions) 
    PARIS, 24 mai (Reuters) - La commission des Finances de 
l'Assemblée nationale s'est prononcée mardi contre l'annulation, 
prévue par le gouvernement, de 114 millions d'euros de crédits 
destinés au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux 
énergies alternatives) et au CNRS, qui a créé l'émoi dans la 
communauté scientifique. 
    A l'unanimité, les membres de la commission ont suivi l'avis 
de la rapporteure PS de la Commission, Valérie Rabault, qui 
estime que cette ponction est de nature à "endommager de manière 
durable l'effort de recherche mené" par les deux institutions. 
    La députée a fait valoir que les crédits en question 
représentaient une part importante de leur trésorerie. 
    Leur suppression est prévue dans le cadre du décret d'avance 
présenté ce mois-ci par le secrétariat d'Etat au Budget 
prévoyant 2,6 milliards d'euros d'économies, dont 1,1 milliard 
sur des crédits de paiements, pour compenser les nouvelles 
dépenses engagées depuis début 2016. 
    Pour le secrétaire d'Etat au Budget, interrogé dans la 
soirée sur LCP, "coupes budgétaires, ce n'est pas le bon terme". 
    Il s'agit de réserves non mobilisées dans les trésoreries 
des grands opérateurs de recherche, dont certaines sont trop 
importantes, a précisé Christian Eckert.  
    "Il y a un certain nombre de trésoreries dormantes et ça, 
aujourd'hui nous en avons besoin pour pouvoir baisser les 
déficits", a-t-il déclaré, assurant qu'"au moment où les besoins 
de décaissement se feront, il y aura les moyens nécessaires". 
    Selon Valérie Rabault, la recherche et l'enseignement 
supérieur sont mis à contribution à hauteur d'un total de plus 
de 510 millions d'euros, pour moitié sous forme d'annulations de 
crédits votés et pour moitié d'annulations d'autorisations 
d'engagements. 
    Elle recommande dans son avis la suppression des annulations 
de crédits destinés au CEA et au CNRS, estimant que "d'autres 
solutions peuvent être envisagées pour respecter l'équilibre 
budgétaire, sans avoir à impacter l'effort de recherche". 
    Sept prix Nobel français et la médaille Fields Cédric 
Villani ont protesté contre ces coupes dans une tribune publiée 
lundi dans Le Monde, estimant que la recherche française "est 
menacée de décrochage vis-à-vis de ses principaux concurrents 
dans l'espace mondialisé et hautement compétitif de la recherche 
scientifique." 
 
 (Yann Le Guernigou et Emile Picy, édité par Gérard Bon) 
 
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