France-La colère des taxis contre UberPOP ne faiblit pas

le , mis à jour à 12:23
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NANTES, 9 juin (Reuters) - Les chauffeurs de taxi de Nantes et Marseille ont mené mardi de nouvelles actions pour protester contre l'arrivée d'UberPOP, service qui permet de mettre en relation des particuliers disposant d'une voiture et d'autres en recherche d'un véhicule. Aucune manifestation n'est en revanche prévue dans l'immédiat à Strasbourg, où s'est aussi déployé le géant californien lundi, les responsables locaux de la profession disant s'en remettre à la justice. A Nantes, une centaine de chauffeurs de taxi ont ainsi mené deux opérations escargot conjointes sur le périphérique de la ville contre cette "concurrence déloyale" avant qu'une délégation soit reçue par le préfet de la Loire-Atlantique. Lundi, une délégation avait déjà été reçue, mais elle n'avait pas obtenu l'arrêté d'interdiction d'UberPOP réclamé : les services de l'Etat s'étaient bornés à annoncer un "renforcement" des contrôles à l'égard des particuliers s'adonnant à cet "exercice illégal de la profession de taxi". "Cet arrêté ne mettra peut-être pas un terme à l'utilisation d'UberPOP, mais cela permettra de donner un signal politique à nos concitoyens, estime Sébastien Leclair, président de la Chambre professionnelle des artisans-taxis (CPAT) de Loire-Atlantique, qui réclame aussi une "police des taxis". A Marseille, les chauffeurs de taxis ont provoqué des perturbations dans le centre-ville où ils se sont regroupés, entraînant des retenues de plusieurs dizaines de kilomètres sur les autoroutes autour de la ville. PROFESSIONNALISATION DES PARTICULIERS Ils se sont notamment massés autour de la préfecture où une délégation de chauffeurs de taxis doit être reçue. "Il faut absolument que soit pris un arrêté préfectoral comme c'est le cas dans d'autres régions. C'est la seule manière d'empêcher Uber de travailler ici", a affirmé le secrétaire adjoint des Taxis marseillais, Rachid Boudjema. La préfecture rappelle de son côté que l'exercice illégal de la profession de taxi ou de conducteur de VTC est passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende, des peines qui peuvent être assorties d'une suspension du permis de conduire pendant cinq ans et de la confiscation du véhicule. Uber, qui permet de commander un véhicule avec chauffeur à partir d'un smartphone dans plus de 250 villes à travers le monde, est déjà présent à Paris depuis 2011, à Lyon depuis 2013, et à Lille, Bordeaux, Toulouse et Nice depuis 2014. Son service UberPOP lui a déjà valu une amende de 100.000 euros, mais celui-ci a fait appel du jugement. Selon Uber, UberPOP ne fait que préfigurer le déploiement imminent d'un service de VTC (Véhicules de tourisme avec chauffeur) dans ces trois villes, puisqu'il ouvre la voie à la "professionnalisation" de certains particuliers. Le Conseil constitutionnel a validé le 22 mai l'interdiction pour les VTC de pratiquer la "maraude", qui consiste à stationner et à circuler en quête de clients, et l'obligation du "retour à la base" pour ces véhicules entre deux clients. En revanche, le Conseil a censuré l'interdiction pour les VTC de pratiquer certains modes de tarification, en particulier la tarification horokilométrique utilisée par les taxis. (Guillaume Frouin à Nantes, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse)

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