France-La CGT veut se donner une nouvelle direction mardi

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(Avec résultats de la réunion de la Commission exécutive) PARIS, 7 janvier (Reuters) - Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, et les huit autres membres du bureau confédéral ont confirmé mercredi qu'ils démissionnaient de leurs fonctions pour laisser la place à une nouvelle direction, a-t-on appris de sources internes. Un petit groupe de travail sera chargé de réfléchir à la composition d'un nouveau bureau, avec un nouveau secrétaire général, d'ici lundi prochain et une nouvelle réunion de la commission exécutive de l'organisation. Cette CE, qui constitue le "gouvernement" de la CGT, s'est réunie deux jours durant, mardi et mercredi et s'est donné pour objectif de proposer une nouvelle direction au comité confédéral national (CCN, le "Parlement" de l'organisation), convoqué en session extraordinaire le 13 janvier. Le CCN prendra du même coup acte de la démission de la direction actuelle, fragilisée par des révélations sur la rénovation du domicile et du bureau de Thierry Lepaon et sur l'indemnité qu'il a perçue en quittant ses précédentes fonctions mais aussi par des dissensions internes. Le numéro un de la CGT avait annoncé mardi à la CE que le bureau confédéral et lui-même remettraient leur mandat "à la disposition" du CCN, seule instance habilitée à les révoquer. Mais l'ambiguïté de la formulation a semble-t-il déplu à une partie au moins des membres de la CE, qui ont obtenu mercredi une clarification. "Il y avait plusieurs interprétations possibles. On a clarifié ça entre nous. C'est bien une démission. On n'ira pas au vote là-dessus. La CE en est convenue", a déclaré à Reuters un responsable de l'organisation syndicale. Prié de dire si des membres du bureau confédéral démissionnaire, dont Thierry Lepaon, pourraient se retrouver dans la nouvelle direction, le même responsable a répondu à Reuters : "Ça semble impossible. Ce sera une nouvelle équipe. On est passé à une nouvelle étape." Les appels à la démission de Thierry Lepaon s'étaient multipliés à la fin de l'année dernière. La crise déclenchée par les fuites sur son logement de fonction, son bureau et son indemnité ont fait office de révélateur d'un profond malaise de la CGT, toujours pas remise des séquelles de la succession mal préparée de Bernard Thibault, sans véritable cap et malmenée lors des dernières élections professionnelles dans la fonction publique. Avant les vacances de Noël, Thierry Lepaon avait lancé une contre-offensive dans les médias et au sein de son organisation, avec le soutien de dirigeants de fédérations. Il avait alors dit qu'il n'entendait pas être "le rat qui quitte le navire" en difficulté, tandis que certains de ses soutiens au sein des instances dirigeantes de la CGT proposaient une démission collective du bureau confédéral mais le maintien du secrétaire général pour former une nouvelle équipe. La pression a de toute évidence était trop forte. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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