France-La CFDT tacle le patronat dans la lutte contre le chômage

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    PARIS, 19 décembre (Reuters) - Le secrétaire général de la 
CFDT presse le gouvernement de ne pas céder au Medef, à qui il 
reproche de vouloir faire passer la lutte contre le chômage par 
la seule baisse du coût du travail, et réclame une réunion pour 
faire le point des engagements des entreprises dans le cadre du 
pacte de responsabilité. 
    "Je dis au gouvernement, ne cédez pas à la panique, ne cédez 
pas à la pensée unique selon laquelle le problème est le coût du 
travail comme le dit le Medef", déclare Laurent Berger dans une 
interview au Journal du dimanche.  
    "Le problème, c'est l'investissement, la qualification et la 
formation", ajoute-t-il.  
    Alors que l'exécutif, après des élections régionales 
marquées par une nouvelle poussée du Front national, réfléchit à 
des nouvelles mesures pour lutter contre le chômage, le numéro 
un de la CFDT estime qu'"il faut arrêter de considérer que les 
organisations patronales n'ont aucune responsabilité". 
     "Le patronat est figé dans ses postures. Je constate que 
les idées du Medef, c'est la précarité, la baisse supplémentaire 
du coût du travail, et aucune réflexion sur l'économie. Que le 
gouvernement ne tombe pas dans ce piège", dit-il.  
    Laurent Berger souligne que, en échange des 41 milliards 
d'euros de baisse de charges et d'impôts du pacte de 
responsabilité, les entreprises devaient "investir, former, 
embaucher."  
    "Quelques branches se sont engagées mais beaucoup ont 
failli", déclare-t-il, ajoutant : "Je demande que le 
gouvernement réunisse dès que possible tous les partenaires 
sociaux pour tirer les choses au clair, faire le bilan des 
engagements sur l'investissement, les embauches, 
l'apprentissage." 
    "Il faut commencer par demander des comptes au lieu de se 
laisser embarquer dans l'escalade des revendications 
patronales", poursuit-il.  
    Pour lutter contre le chômage, Laurent Berger estime qu'il 
faut faire "beaucoup plus sur la formation".  
    "Nous avons un besoin urgent de former 450.000 demandeurs 
d'emploi supplémentaires. Le plan en cours porte sur 150.000 
entrées pour les métiers en tension, ceux de la transition 
numérique et énergétique. Il faut aller beaucoup plus loin", 
dit-il encore.  
    "Il y a des centres de formation vides et l'Association pour 
la formation professionnelle des adultes (Afpa) doit être 
pleinement utilisée. Nous voulons travailler mieux avec les 
conseils régionaux. Et nous attendons que l'Etat s'engage 
fortement sur le financement des mesures à venir", ajoute-t-il. 
    Il estime d'autre part qu'il faut permettre l'entrée en 
apprentissage "à n'importe quelle période de l'année" et non 
plus seulement à la rentrée de septembre, et qu'il faudra 
"peut-être en passer par une forme de contrainte" pour les  
entreprises sans apprenti. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Nicolas Delame) 
 
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  • cmoineau il y a 12 mois

    "peut-être en passer par une forme de contrainte" pour les entreprises sans apprenti, en supprimant par exemple les subventions données aux syndicats

  • M6483692 il y a 12 mois

    Oh,ben ça alors,voilà qu'il se réveille celui là,il faut demander des comptes?ah ben il serait temps ou vont les exonérations de charges faramineuses qui ruinent notre pays?N'est ce pas Mr Madellin qui demandait au medef d'arréter de tendre leur sébille à l'Etat il y a pas si longtemps?