France-La CFDT n'exclut pas de manifester contre la loi travail

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    PARIS, 3 mars (Reuters) - La CFDT, principal syndicat 
réformiste en France, n'exclut pas de se joindre aux 
manifestations contre le projet de loi sur la réforme du Code du 
travail si les réponses du gouvernement à ses 
contre-propositions ne sont pas satisfaisantes, a déclaré jeudi 
sa secrétaire générale adjointe à France Info et iTELE. 
    "Il ne s'agit pas seulement d'un manque de pédagogie, il 
s'agit d'une orientation vraiment trop libérale du projet de loi 
à ce stade. Et nous on veut se mobiliser pour qu'il soit modifié 
dans le sens de plus de sécurisation pour les salariés", a dit 
Véronique Descacq à France Info. 
    "On n'exclut pas l'idée qu'il faudra peut-être à un moment 
aller se mobiliser, y compris aller dans la rue pour protester 
si les mesures ne nous conviennent pas", a-t-elle poursuivi.  
    "Simplement, on a un rendez-vous lundi (avec la ministre du 
Travail, Myriam El Khomri). Donc attendons après lundi de savoir 
ce qu'on fera", a ajouté la numéro 2 de la CFDT. 
    Les principaux syndicats et plusieurs organisations 
étudiantes et lycéennes avaient rendez-vous jeudi matin au siège 
de l'Unsa pour discuter de contre-propositions, alors que le 
Premier ministre, Manuel Valls, a reporté de 15 jours la 
présentation de ce texte pour donner du temps à la concertation. 
    Une partie de ces organisations, les plus remontées contre 
le projet de loi, doivent se retrouver au siège de la CGT dans 
l'après-midi pour envisager dès maintenant une journée d'action 
à la fin du mois. 
    Une vingtaine d'organisations de jeunes, dont le syndicat 
étudiant Unef, pourtant proche du Parti socialiste au pouvoir, 
ainsi que des syndicats lycéens, qui réclament le retrait pur et 
simple du texte, ont d'ores et déjà lancé un appel à la 
mobilisation dans toute la France le 9 mars. 
    La CFDT estime pour sa part que "le statu quo n'est pas 
possible quand il y a cinq millions de demandeurs d'emploi", a 
dit Véronique Descacq, qui mène les discussions de la CFDT avec 
le gouvernement. Mais pour accepter le projet de loi, la CFDT 
exige une réécriture de la partie sur le temps de travail. 
    Pour Véronique Descacq, il faut "faire en sorte qu'il n'y 
ait pas de recul par rapport au code du travail actuel et que 
toutes les modifications du droit actuel ne puissent se faire 
que par la négociation et par accords majoritaires". 
    La CFDT demande aussi une modification des dispositions sur  
le licenciement économique et sur les accords de maintien dans 
l'emploi, ainsi que le retrait pur et simple du barème des 
indemnités pour licenciement abusif prévu par le texte. 
    Elle demande par ailleurs au gouvernement de revenir sur la 
latitude octroyée à l'employeur, en matière d'organisation du 
travail, d'instaurer de façon unilatérale des forfaits jours ou 
des astreintes, ainsi que sur la possibilité d'allonger le temps 
de travail des apprentis. 
    Elle souhaite en revanche un renforcement du compte 
personnel d'activité (CPA), censé réunir tous les droits liés au 
travail d'un actif, du début à la fin de sa carrière. 
    "Il n'y a pas suffisamment de droits attachés à ce CPA, en 
particulier pour l'utilisation du temps, le fait de pouvoir 
épargner du temps et l'utiliser pour financer des projets. On 
peut faire mieux sur le CPA", a dit Véronique Descacq. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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