France-La CFDT ferme la porte d'une réforme du contrat de travail

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PARIS, 3 avril (Reuters) - La CFDT a fermé vendredi la porte à une réforme du contrat de travail, demandée par le patronat et évoquée ces derniers temps par le Premier ministre, Manuel Valls, et par son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Le débat sur le contrat de travail est un débat qu'il faut arrêter tout de suite", a dit le premier secrétaire du principal syndicat réformiste français, à son arrivée à une conférence sociale au ministère du Travail. "Il n'y aucune justification, en termes de création d'emplois, à assouplir le contrat de travail. La CFDT est contre", a ajouté Laurent Berger. Le Medef souhaite notamment la mise en place d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) "sécurisé", qui limiterait notamment les risques de contentieux en cas de licenciement en prévoyant des motifs "incontestables" de rupture. Dans un entretien au magazine Challenges, Manuel Valls a notamment dit vouloir "ouvrir le chantier de l'emploi dans les PME" via une réforme du contrat de travail. Le ministre de l'Economie a pour sa part souhaité jeudi que le "droit à l'erreur" en matière d'embauche soit reconnu aux employeurs et s'est dit favorable à des "simplifications" en ce sens, notamment pour les petites entreprises. Mais l'idée d'une réforme du contrat de travail se heurte à l'hostilité des syndicats. Le fait que la CFDT, syndicat traditionnellement le plus ouvert à la réforme, ait fermé la porte rend les choses plus compliquées pour le gouvernement. Plus généralement, Laurent Berger a estimé que les accords nationaux interprofessionnels (ANI) signés par les partenaires sociaux depuis 2008, comme celui de 2013 sur la sécurisation de l'emploi, avaient déjà fait évoluer le code du travail. "Donc le sujet (d'une nouvelle évolution) est hors sol", a-t-il poursuivi. "Il faut parler des sujets formation, maintien de l'emploi, montée en qualification des salariés. Il faut parler des gens, il faut arrêter de parler des textes." Il a adressé la même fin de non recevoir au patronat et au gouvernement sur la question d'éventuels accords de maintien de l'emploi "offensifs" -- une extension des accords de maintien de l'emploi prévus par l'ANI de 2013, qui permettent une modulation temporaire de la durée du travail ou des rémunérations dans les entreprises en difficulté pour éviter des licenciements. "Pour la CFDT, ça n'existe pas, les accords de maintien de l'emploi offensifs", a déclaré le N°1 de la CFDT. "Quand une entreprise va bien, il est normal qu'elle maintienne l'emploi, en développe et répartisse les richesses créées." Selon son homologue de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, Emmanuel Macron a déclaré vendredi matin au Conseil national de l'industrie que le sujet des accords "offensifs" de maintien de l'emploi n'était pas d'actualité. ID:nL6N0X00GH (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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