France-La CE prudente sur la croissance, confiante sur déficits

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 (Actualisé avec Moscovici) 
    BRUXELLES, 3 mai (Reuters) - La Commission européenne attend 
toujours 1,3% de croissance pour l'économie française en 2016 
puis 1,7% en 2017, sans changement par rapport à ses précédentes 
prévisions, avec un chômage en baisse mais qui restera au-dessus 
de 10% l'an prochain. 
    Le commissaire aux affaires économiques et financières 
Pierre Moscovici s'est en outre déclaré confiant dans le respect 
par la France de ses engagements en matière de déficit public 
même si ses services prévoient pour l'instant que celui-ci se 
situera l'an prochain au-dessus de 3% du PIB. 
    Dans leurs prévisions de printemps publiées mardi 
 , les économistes de la Commission restent moins 
optimistes que le gouvernement français, qui a confirmé son 
scénario de croissance de 1,5% cette année après l'annonce d'une 
hausse de 0,5% du PIB du premier trimestre.   
    Le FMI et l'OCDE tablent sur une croissance française encore 
plus faible (1,1% et 1,2% respectivement), de même que les 
économistes sondés le mois dernier par Reuters (1,2%). 
    Mais à l'inverse de ses prévisions précédentes, début 
février, la CE envisage une baisse du chômage en France dès 
cette année, avec un taux qui reviendrait à 10,2% contre 10,4% 
en 2015, puis 10,1% en 2017. 
    S'agissant du déficit public, la CE le prévoit toujours à 
3,4% du PIB en 2016 puis 3,2% en 2017, alors que la France a 
comme objectif 3,3% cette année et entend le ramener sous 3,0%, 
à 2,7%, l'an prochain, des engagements réitérés à plusieurs 
reprises. 
    Mais les prévisions de la Commission en la matière se font 
toujours à politique inchangée, sans tenir compte des mesures de 
correction insuffisamment spécifiées ou pas encore votées, par 
exemple les efforts sur les dépenses qui seront intégrés dans la 
loi de finances 2017. 
    "Je pense que la cible pour 2017 est tout à fait jouable", a 
dit Pierre Moscovici devant la presse. "Je ne suis pas du tout 
inquiet pour cela, mais à la condition que la France maintienne 
le cap en matière de finances publiques de manière tout à fait 
sérieuse". 
    Le commissaire européen a souligné notamment que si les 
projets de baisse d'impôts ou de nouvelles dépenses évoqués dans 
la presse devaient se matérialiser, ils devraient être "aussitôt 
compensés" par des économies. 
    En attendant, la CE estime que, en l'état actuel, le déficit 
structurel des finances publiques de la France sera inchangé 
cette année après une amélioration d'un tiers de point en 2015, 
puis se dégradera d'un tiers de point en 2017. 
    Dans le programme de stabilisation dévoilé à la mi-avril 
   , le gouvernement prévoit un déficit 
public structurel à 1,3% du PIB cette année, contre 1,6% en 
2015, puis 0,8% en 2017. 
     
    Les prévisions économiques de printemps de la CE :      
    http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-1613_fr.htm 
 
 
 (Yann Le Guernigou à Paris, édité par Yves Clarisse) 
 
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