France-La BPI propose la "titrisation" des crédits aux PME

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* La BPI veut alléger le bilan des banques commerciales * Elle propose de renforcer son partenariat avec les assureurs PARIS, 15 septembre (Reuters) - La Banque publique d'investissement (BPI) a proposé lundi d'expérimenter la transformation des créances bancaires sur les PME et les entreprises intermédiaires en titres cessibles (titrisation) pour alléger le bilan des banques. Dans un premier temps, Bpifrance propose de mettre ce dispositif en place en partenariat avec une ou deux banques volontaires pour le tester "sur un portefeuille de crédits bancaires à des PME/ETI (Entreprises à taille intermédiaire, ndlr) pouvant aller jusqu'à trois milliards d'euros", a annoncé l'institution publique lors d'assises sur le financement et l'investissement. "En cas de succès, il serait possible de faire évoluer le dispositif vers un standard de titrisation de crédits PME/ETI commun à la place de Paris", ajoute la BPI. Pour surmonter la difficulté rencontrée par les investisseurs pour appréhender les risques liés au financement de ce type d'entreprises, la BPI garantira la portion de chaque prêt transformée en titres (par exemple 50%). L'objectif est de permettre un refinancement efficace des encours de crédits aux PME et ETI et de réduire la consommation en fonds propres des banques commerciales engagées dans le financement de ce type de sociétés. Selon le directeur général de la BPI, Nicolas Dufourcq, l'idée est d'amener les entreprises financières faisant de l'assurance-vie à acquérir ces titres et à participer ainsi au financement de l'investissement productif. "Théoriquement, on doit pouvoir monter jusqu'à deux, trois ou quatre milliards d'euros de transferts de portefeuilles de crédits du bilan des banques vers les assureurs-vie français", a-t-il dit. D'autres institutions que la BPI travaillent sur la titrisation des crédits immobiliers, a-t-il précisé à des journalistes. OUVERTURE DU FICHIER FIBEN François Hollande devait, selon lui, évoquer ce type de dispositif en conclusion des assises de l'investissement. Nicolas Dufourcq s'est aussi réjoui de ce que le chef de l'Etat envisage d'ouvrir le fichier de notation des entreprises de la Banque de France, qui n'est guère accessible aujourd'hui qu'aux banques. "Il devrait annoncer qu'il sera désormais ouvert à toutes sortes d'intermédiaires financiers, ce qui leur permettra d'avoir une meilleure connaissance du tissu des PME françaises", a-t-il expliqué. Les entreprises recensées dans la banque de données Fiben (Fichier bancaire des entreprises) font l'objet d'une cotation en fonction d'éléments d'appréciation de leur capacité à honorer leurs engagements financiers à un horizon de trois ans. Pour accroître l'engagement des assureurs dans le financement de PME, la BPI propose par ailleurs de renforcer son partenariat avec ces institutions. "Les assureurs pourraient ainsi s'engager à soutenir plus fortement la croissance des PME en mobilisant deux milliards d'euros sur les quatre prochaines années aux côtés de Bpifrance", explique la BPI dans un communiqué. Cet engagement prendrait trois formes : allocation par les "grands" assureurs d'un milliard d'euros sur quatre ans aux fonds de capital investissement à destination des PME ; souscription par les "petits" assureurs de 400 millions d'euros sur quatre ans dans un fonds géré par la BPI ; engagement des assureurs à investir un milliard d'euros sur quatre ans dans des portefeuilles de prêts aux PME constitués par Bpifrance. (Emmanuel Jarry, édité par Grégory Blachier)

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