France-L'UDI dit "non" à la primaire de la droite et du centre

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    * L'UDI opte pour l'autonomie par rapport aux Républicains 
    * Le parti centriste va désigner des candidats aux 
législatives 
    * Lagarde se dit cependant ouvert à la discussion avec LR 
 
 (Avec déclarations, contexte, précisions) 
    PARIS, 20 mars (Reuters) - Les militants de l'UDI ont dit 
massivement "non" à la participation du parti centriste à une 
primaire de la droite et du centre organisée par le parti Les 
Républicains (LR), faute d'accord politique sur cette 
consultation, sur l'élection présidentielle et sur les 
législatives de 2017. 
    Les quelques 23.000 adhérents de l'UDI à jour de leur 
cotisation étaient invités à se prononcer par internet.  
    Selon les résultats de ce vote proclamés dimanche lors d'un 
congrès de l'UDI, ils ont dit "non" à 66,56% et "oui" à 29,85%, 
3,59% ne se prononçant pas. Ces chiffres ont été accueillis par 
les applaudissements des participants à la réunion. 
    Ce résultat n'est pas une surprise : le président de l'UDI,  
  Jean-Christophe Lagarde, avait appelé les militants à voter 
contre une participation à la primaire envisagée par LR, faute 
d'accord sur une plate-forme programmatique et un "pacte de 
gouvernance" avec la formation de Nicolas Sarkozy. 
    Lors d'une récente rencontre avec des journalistes, le 
dirigeant centriste avait déclaré assumer le risque d'accentuer 
l'éclatement de la droite et du centre. 
    "Je préfère l'éclatement à l'effacement. Ça ne peut pas être 
un chantage permanent entre l'effacement et l'éclatement. S'il 
n'y a pas de coalition et pas de compromis, l'effacement n'est 
pas une solution", avait-il confié. 
    Le congrès de l'UDI a donné mandat au bureau politique de la 
formation, par 84,87% des voix contre 8,08%, pour préparer "dès 
à présent" une projet présidentiel et législatif. 
    Il a également demandé au bureau exécutif de l'UDI de lancer 
 la désignation des candidats du parti aux législatives. 
    "Il n'est pas question de divorce" avec LR, a cependant 
assuré sur iTELE Jean-Christophe Lagarde. "Il est simplement 
question que, pour construire une coalition il faut discuter. Ça 
n'a pas pu être possible parce qu'il y a des divergences au sein 
des Républicains." 
     
    "NOTRE PORTE EST OUVERTE" 
    Le président de LR et ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, 
qui ne cache pas son intention de briguer l'investiture de la 
droite pour la présidentielle de 2017, a évoqué un groupe de 
travail commun. Mais celui-ci n'a pas vu le jour. 
    Selon les sites internet de l'Assemblée nationale et du 
Sénat, l'UDI ne compte que 29 députés et 42 sénateurs.  
    La famille centriste est en outre fragilisée par la rivalité 
entre Hervé Morin, président du Nouveau Centre, et 
Jean-Christophe Lagarde.  
    Le premier, qui préside aussi la région Normandie, est 
catégoriquement opposé à une candidature du second, député-maire 
de Drancy à la présidentielle, avec ou sans primaire. Le Nouveau 
Centre menace ainsi de quitter l'UDI si Jean-Christophe Lagarde 
se présente. 
    La question d'une candidature propre à l'UDI ou de son 
soutien à un autre candidat reste donc posée. 
    "Avant, pendant et après la primaire, notre porte sera 
toujours ouverte à la discussion", a déclaré Jean-Christophe 
Lagarde à la tribune du congrès de l'UDI.  
    La discussion mais pas la "soumission", a-t-il cependant 
insisté dans ses interventions devant des journalistes. 
    "On ne peut pas recommencer un mode de gouvernance (...) qui 
a été celui de 2002 à 2012, où les uns dictaient ce qu'il 
fallait faire et les autres devaient suivre", a-t-il souligné 
dans une allusion à la fusion de l'UDF et du RPR au profit du 
second au sein de l'UMP, dont le parti LR est l'héritier. 
    Il plaide pour une coalition entre partis indépendants, sur 
la base d'un "pacte d'alternance", articulés autour d'objectifs 
communs et d'un accord de gouvernance fixant des principes comme 
le refus de toute alliance avec l'extrême droite. 
    Mais pour l'heure, la question est d'abord de savoir auquel 
des neufs candidats actuels de LR à la primaire profitera la 
décision de l'UDI de ne pas participer à cette consultation.   
 
 (Emmanuel Jarry, avec Sophie Louet) 
 
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