France-L'organisation de la primaire attise les tensions à droite

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* Une rivalité à son comble * Sarkozy s'inquiète de l'organisation de la primaire * Les juppéistes invoquent l'exemple socialiste par Sophie Louet PARIS, 13 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, dont la rivalité s'exacerbe pour l'investiture à la présidentielle de 2017, feront tribune commune mercredi, régionales obligent, mais l'unité tactique des Républicains se craquèle sous le poids de la primaire. L'ancien Premier ministre Edouard Balladur, qui fut le mentor de Nicolas Sarkozy, s'est inquiété d'un scénario à la socialiste, avec un parti fragmenté par les ambitions. "Je me suis rallié à la primaire parce que je considérais qu'il n'y a pas d'autre solution mais je suis quelque peu inquiet quant au climat qui règne", a-t-il dit lundi sur RTL. Les doutes soulevés cette semaine par Nicolas Sarkozy sur l'organisation de la primaire de novembre 2016 ont un peu plus crispé des états-majors déjà à cran. Selon Le Parisien et Libération, le président des Républicains a remis en cause lundi les modalités de la consultation lors d'une réunion à huis clos avec les secrétaires départementaux du parti, jugeant que le projet de 10.000 bureaux de vote -- un nombre proposé par Alain Juppé et validé en avril dernier par le bureau politique -- n'était pas "réaliste". L'ancien chef de l'Etat a remis le sujet sur la table mardi matin, lors de la réunion du groupe Les Républicains au Sénat. "Oui ça a été évoqué. Lors de la réunion des secrétaires départementaux, plusieurs d'entre eux ont levé le doigt pour dire que 10.000 bureaux de vote, à raison de 8 assesseurs par bureau, ça nous fait 80.000 personnes", a rapporté sur Public Sénat le sénateur Pierre Charon, proche de Nicolas Sarkozy. "Et là il n'y a pas de fillonistes, juppéistes, sarkozystes, on s'en fiche. C'est eux qui vont organiser ça. Et pour eux, c'est impossible". "Ce n'est pas du tout Nicolas Sarkozy qui ne veut plus des 10.000", a-t-il souligné. "Il faut que ceux qui l'ont proposé ravalent un peu leur salive", a lancé Pierre Charon. De quoi inspirer "une bonne colère" à Alain Juppé, qui a visé Nicolas Sarkozy sur son blog le 10 octobre en critiquant "l'arrogance des bien-pensants qui se réclament bruyamment des racines chrétiennes de la France sans y être vraiment fidèles"? L'ENJEU DE LA PARTICIPATION L'un des soutiens du maire de Bordeaux, le député-maire du Havre Edouard Philippe, s'est étonné mardi sur Radio Classique et LCI de ces soudaines questions d'organisation. "Rappelons-nous en 2011 le Parti socialiste, qui n'était pas le grand parti moderne qu'entend créer Nicolas Sarkozy, a créé une primaire dans laquelle il y avait 8.500 bureaux de vote. (...) Je n'arrive pas à croire que notre vocation serait de faire moins bien en termes d'organisation", a-t-il ironisé. Selon la dernière enquête en date sur la primaire, réalisée du 1er au 23 septembre par l'institut Elabe, 4,5 millions d'électeurs se disent sûrs d'aller voter. Une telle participation (2,6 millions de Français votèrent au premier tour de la primaire du PS en octobre 2011, 2,9 millions au second tour) avantagerait les rivaux du président des Républicains et au premier chef Alain Juppé, plébiscité par les électeurs du centre, jusqu'au centre-gauche. L'enquête donne toutefois Nicolas Sarkozy vainqueur avec 42,9% des intentions de vote contre 34,7% à Alain Juppé. Bruno Le Maire (10,8%) et François Fillon (6%) sont loin derrière. "On mobilise notre coeur de cible : les militants, c'est la clé", veut croire un cadre sarkozyste. "Sarkozy est loin d'avoir tué le match comme il l'espérait", corrige un élu juppéiste en relevant le fort taux présumé de participation. "Demain, on met de côté les débats", assure Virgine Calmels, adjointe à l'économie du maire de Bordeaux choisie pour mener la liste LR-UDI-MoDem en Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin, région ancrée à gauche. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé seront côte à côte pour la soutenir mercredi soir à Limoges (Haute-Vienne). La présence de François Bayrou, qui a plaidé dimanche pour une alliance Juppé-Fillon, était pressentie au meeting mais Nicolas Sarkozy, qui voue un ressentiment tenace au président du MoDem, accusé de l'avoir fait perdre en 2012, s'y est opposé. (Edité par Yves Clarisse)

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