France-L'Insee confirme son scénario de croissance modérée

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    * L'Insee prévoit toujours un PIB en hausse de 0,4% au T1 et 
au T2 
    * Rebond plus marqué que prévu de la consommation 
    * L'investissement des ménages reste un frein 
    * Accélération ponctuelle des exportations 
    * Le taux de chômage baisserait à 9,9% à fin juin 
 
    par Myriam Rivet 
    PARIS, 17 mars (Reuters) - L'Insee a confirmé jeudi son 
scénario de croissance modérée de l'économie française au 
premier semestre, grâce notamment à un rebond marqué de la 
consommation des ménages, qui s'accompagnerait d'une poursuite 
de la hausse des créations d'emplois et d'une légère diminution 
du chômage.  
    Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'institut  
prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% 
au premier comme au deuxième trimestre, des évolutions 
inchangées par rapport à ses prévisions de décembre.     
    Mais "maintenant qu'on a également des premières indications 
sur les indicateurs quantitatifs de début d'année, il y a de 
quoi être franchement plus optimiste sur le scénario 2016", a 
déclaré Vladimir Passeron, chef du département conjoncture. 
    A ce rythme, l'acquis de croissance pour l'ensemble de 2016, 
à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement 
au deuxième semestre, s'établirait à 1,1% au 30 juin (contre 
1,0% prévu en décembre). 
    Cette prévision crédibilise l'objectif de 1,5% sur l'année 
que vient de confirmer le gouvernement alors que, face au 
ralentissement de l'économie mondiale, les institutions 
internationales (FMI, OCDE, Commission européenne), ont revu en 
baisse, entre 1,2% et 1,3%, leurs anticipations pour la France. 
    "A mi-année, si nos prévisions se réalisent, on a déjà une 
croissance pour 2016 équivalente à ce qu'on a eu sur l'ensemble 
de l'année 2015, donc effectivement (...) la reprise est 
enclenchée", malgré une conjoncture mondiale maussade, a estimé 
Vladimir Passeron.    
    L'Insee voit ainsi une légère accélération de la croissance 
au premier semestre par rapport au rythme de 0,3% enregistré sur 
chacun des deux derniers trimestres de 2015.    
    Elle serait entretenue par un rebond plus marqué que prévu 
de la consommation des ménages à la faveur notamment d'une météo 
hivernale moins clémente que celle de fin d'année et d'un 
rétablissement progressif de leurs dépenses dans les services 
(hébergement, restauration et transports) affectées par les 
attentats de novembre à Paris et Saint-Denis.      
    Portée par la nette progression du pouvoir d'achat (+0,8% 
sur le semestre) dans un contexte d'inflation quasi nulle, la 
consommation devrait aussi bénéficier du passage en haute 
définition de la diffusion des chaînes de la TNT et des 
retombées de l'Euro 2016, qui débute le 10 juin en France.  
     
    L'INVESTISSEMENT DES MÉNAGES RESTE À LA PEINE   
    La reprise de l'investissement des entreprises est  
également appelée à se poursuivre.  
    Malgré un léger ralentissement par rapport à la fin 2015 
(+1,3%), il devrait se maintenir un rythme soutenu (+0,7% au 
premier trimestre et +0,8% au deuxième), sous l'effet de la 
mesure d'incitation fiscale de suramortissement - qui va être 
prolongée par le gouvernement - et de la baisse des coûts de 
financement.  
    Le redressement continu des marges des entreprises contribue 
également à cette évolution.  
    Entretenu l'an dernier par la baisse des cours du pétrole, 
le crédit d'impôt compétitivité emploi et les retombées du pacte 
de responsabilité, leur taux profitera cette année des nouvelles 
mesures d'allègement du coût du travail prévues dans le plan 
d'urgence pour l'emploi pour s'établir à 32,5% mi-2016, au plus 
haut depuis 2008.     
    Mais l'investissement des ménages en logements, que l'Insee 
voyait se stabiliser, devrait poursuivre son repli au premier 
semestre.  
    L'Insee voit par ailleurs une contribution positive du 
commerce au PIB début 2016, avec la livraison prévue de grands 
contrats (des Rafale et un porte-hélicoptères Mistral à 
l'Egypte, un paquebot construit aux chantiers navals STX).  
    Outre ces éléments ponctuels, l'institut juge que, à plus 
long terme, les exportateurs français sont placés pour  
bénéficier de la levée des sanctions contre l'Iran.  
    Il relève que la France pâtit moins que l'Allemagne du 
ralentissement de la Chine, car ses exportations, aéronautique 
et agroalimentaire en premier lieu, sont plus compatibles avec 
la transition en cours du modèle économique chinois vers la 
demande. 
    Globalement, la légère accélération de l'activité, combinée 
à l'impact des différentes mesures de soutien à l'emploi, 
devrait entretenir une augmentation modérée des créations 
d'emplois (+63.000 postes à fin juin), supérieure à la hausse 
spontanée de la population active.  
    Le taux de chômage, relativement stable depuis mi-2014, 
pourrait  reculer de 0,1 point pour s'établir à 9,9% en France 
métropolitaine (10,2% avec l'Outre-mer) à fin juin, retrouvant 
ainsi son niveau de début 2014.      
     
    Principales prévisions de l'Insee (Variations en T/T-1 en %, 
données CVS-CJO) : 
                           2015       2016      2015    2016 
                            T4     T1     T2          (acquis)   
 PIB                       0,3    0,4    0,4    1,1    1,1 
 Importations              2,5    0,3    0,9    6,5    3,9 
 Consommation des ménages -0,2    0,8    0,4    1,4    1,2 
 Consommation des 
     administrations       0,5    0,3    0,3    1,6       1,2 
 Investissement            0,7    0,2    0,2   -0,2       0,9 
    - Entreprises          1,3    0,7    0,8    2,0    2,6 
    - Ménages             -1,0   -0,5   -0,4   -3,3   -2,2 
    - Administrations      1,0   -0,6   -0,8   -3,1   -0,8 
 Exportations              1,0    0,6    1,3    6,1    2,7 
 Contributions (en point de PIB) : 
    - Demande intérieure   0,2    0,5    0,4    1,1    1,1 
    - Variation de stocks  0,7   -0,2   -0,1    0,3    0,4 
    - Commerce extérieur  -0,5    0,1    0,1   -0,3   -0,4 
            
    Les indicateurs français en temps réel         ECONFR  
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel  ECONEZ  
    Le point sur la conjoncture française          ECO/FR  
 
 (Edité par Yann Le Guernigou) 
 
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