France-L'inflation est redevenue négative en février

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    * Le pétrole et les services pèsent sur l'inflation 
    * Espagne et Allemagne aussi en territoire négatif 
    * La consommation repart en France après son creux de 
l'automne 
 
 (avec détails supplémentaires, commentaires d'économiste) 
    par Yann Le Guernigou et Myriam Rivet 
    PARIS, 26 février (Reuters) - L'inflation est redevenue 
négative pour la première fois depuis un an en février en France 
sous l'impact de la faiblesse des prix de l'énergie, une 
évolution qui accentue la pression sur la Banque centrale 
européenne (BCE) au moment où elle prépare de nouvelles mesures 
pour combattre les risques de déflation. 
    Mais la croissance de l'économie au dernier trimestre 2015 a 
été révisée en hausse à +0,3% et l'Insee a publié dans le même 
temps vendredi des chiffres de consommation des ménages de bon 
augure pour celle des premiers mois de 2016.    
   
    L'institut a fait état d'une première estimation d'inflation 
sur douze mois à -0,2% en février, alors qu'elle était repassée 
en territoire positif depuis avril après un hiver 2015 dans le 
rouge. 
    L'indice des prix harmonisé IPCH, qui permet les 
comparaisons avec les autres pays de la zone euro, s'inscrit de 
même en baisse de 0,1% sur douze mois alors qu'il était attendu 
en hausse de 0,1% par les économistes interrogés par Reuters. 
    L'Insee invoque avant tout la chute des prix de l'énergie 
(-6,8% sur un an) liée à celle des cours du pétrole pour 
expliquer cette baisse.  
    Mais il mentionne aussi l'effet du décalage du calendrier 
des vacances scolaires de la zone C (dont la région parisienne), 
qui "pèserait sur les prix des services touristiques cette 
année" en février. 
    La conséquence en est un net ralentissement (+0,8%, un plus 
bas depuis avril 2013) du glissement annuel des prix des 
services. 
    "On reste dans une zone d'inflation inconfortablement 
basse", note Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, "ces 
chiffres ne sont pas de nature à calmer les inquiétudes qu'on 
peut avoir sur la dynamique des prix". 
    L'Espagne a fait état vendredi matin d'une inflation sur 
douze mois en baisse de 0,9% en février et plusieurs Lander 
allemands ont également publié des indices de prix en recul. 
     
    CONSOMMATION UN PEU PLUS FORTE FIN 2015  
    Ces évolutions compliquent la tâche de la BCE, qui 
s'inquiète des "effets de second tour" de la déprime des cours 
du pétrole, et alimentent les spéculations sur un renforcement 
de son programme d'achats d'actifs lors de sa réunion du 10 
mars, son objectif de retour à une inflation proche de 2% 
restant bien éloigné. 
    En attendant, l'Insee a revu en hausse de 0,1 point, à 
+0,3%, la croissance du produit intérieur brut de la France au 
dernier trimestre 2015. La moyenne sur l'année reste à 1,1%, un 
plus haut depuis 2011, après 0,2% en 2014. 
    La révision tient pour l'essentiel à la consommation des 
ménages, un peu moins faible en fin d'année qu'annoncée 
initialement (-0,2% après -0,4%).  
    L'investissement, principal moteur de la croissance sur le 
trimestre, n'a été que peu modifié (+0,7% contre +0,8%). Il a  
été confirmé à +1,3% pour les entreprises mais revu en nette 
baisse pour les ménages (-1,0% contre +0,5%) malgré la reprise 
annoncée du marché immobilier. 
    La variation des stocks des entreprises a vu sa contribution 
au PIB du trimestre réévaluée à +0,7 point (+0,5 point en 
première estimation), un niveau élevé équivalent à celui du 
troisième trimestre et qui risque fort d'être corrigé pour les 
trimestres à venir. 
    La hausse de 0,6% des achats de biens des ménages en 
janvier, après une autre en décembre revue en hausse à +1,0%, 
confirme toutefois que la consommation est en train de retrouver 
son rôle prépondérant dans la croissance française après un 
creux à l'automne. 
    Le retour à des températures proches de la normale, qui font 
monter les dépenses d'énergie, mais aussi la hausse des dépenses 
d'équipement du logement alimentent la tendance actuelle.  
    A fin janvier, l'acquis de croissance de la consommation des 
ménages en biens, qui contribue pour près de 25% au PIB, 
s'établit à 0,8%, ce qui conforte les anticipations d'un début 
d'année solide pour l'économie française (consensus à +0,4% pour 
le PIB) 
     
    Statistiques d'inflation détaillées sur le site de l'Insee : 
http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=122&date=20160226 
     
    Les indicateurs français en temps réel            ECONFR  
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel     ECONEZ  
    LE POINT sur la conjoncture française             ECO/FR  
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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