France-L'industrie de la gestion veut se renforcer en vue du Brexit

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    PARIS, 22 novembre (Reuters) - L'industrie française de la 
gestion d'actifs veut renforcer sa compétitivité pour 
capitaliser sur les opportunités offertes par la sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit) et enrayer une 
érosion de sa croissance depuis 2008.  
    Avec 3.600 milliards d'euros d'encours en 2015, l'industrie 
de la gestion française occupe le deuxième rang en Europe mais 
sa croissance s'érode depuis 2008 tout particulièrement sur le 
marché de la domiciliation des fonds sur lequel elle a cédé plus 
de cinq points de parts de marché en une dizaine d'années au 
bénéfice du Luxembourg et de l'Irlande.  
    "Il fallait renforcer l'écosystème de la gestion en France 
et le Brexit est tombé à point nommé", a dit Yves Perrier, 
président de l'Association française de la gestion financière 
(AFG) en présentant le Livre blanc de l'organisation 
professionnelle sur la compétitivité de la gestion d'actifs 
française.  
    Une fois le Brexit effectif, "les Anglais ne doivent pas 
avoir le passeport européen" a poursuivi le directeur général 
d'Amundi  AMUN.PA  en référence au dispositif qui permet à une 
société de gestion ayant obtenu un agrément de l'autorité de son 
pays d'origine d'exercer ses activité dans toute l'UE. 
    Avec une croissance de ses encours de 5,3% en rythme 
annualisé sur la période 2008-2015 contre 11,9% pour l'ensemble 
des fonds européens, la gestion française a vu sa part de marché 
diminuer pour tomber à 20%, loin derrière celle du Royaume-Uni 
qui est de 37%, a rappelé l'AFG.  
    L'organisme professionnel a formulé dix propositions pour 
faire de Paris le centre de référence de la gestion financière 
d'Europe continentale et saisir les opportunités offertes par le 
Brexit car "il n'y en aura pas d'autres", a prévenu Yves 
Perrier.  
    La mesure phare serait la création d'un produit d'épargne 
retraite individuel de capitalisation pan-européen pour 
développer l'épargne longue.  
    En matière fiscale, l'AFG a repris certaines des 
revendications traditionnelles du secteur financier comme la 
suppression de la taxe sur les salaires ou l'abandon de la taxe 
sur les transactions financières.  
    Didier Le Ménestrel, dirigeant de la Financière de 
l'Echiquier et coordinateur du Livre Blanc a toutefois mis en 
avant  "deux idées qui sortent du cadre" : la création d'une 
clause de la fiscalité de l'épargne la plus favorisée pour 
l'épargne longue, qui permettrait d'appliquer en France le 
régime fiscal le plus favorable en Europe, et la création d'une 
zone franche pour l'industrie de la gestion visant notamment à 
rapatrier les services de domiciliation et d'administration de 
fonds qui ont fait le succès de Luxembourg.  
    Plusieurs recommandations cherchent par ailleurs à renforcer 
la visibilité et à simplifier la commercialisation des produits 
de gestion français.  
    S'il a dit que des contacts avaient été pris avec les 
entourages de plusieurs des prétendants à la candidature à 
l'élection présidentielle, Yves Perrier a reconnu qu'il n'y 
avait pas pour l'instant "une très grande écoute".  
    Il a toutefois rappelé qu'avec plus de 630 sociétés de 
gestion dont quatre parmi les vingt premières mondiales, 
l'industrie française de la gestion génère 85.000 emplois 
directs.  
 
 (Marc Joanny, édité par Jean-Michel Bélot) 
 
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