France-L'export pourrait perdre jusqu'à 3,2 mds en cas de Brexit

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    PARIS, 26 mai (Reuters) - Une sortie de la Grande-Bretagne 
de l'Union européenne pèserait significativement sur les 
exportations françaises, à hauteur de 3,2 milliards d'euros 
entre 2017 et 2019 dans le pire des cas, selon une étude publiée 
jeudi par Euler Hermes.  
    L'assureur-crédit estime que la France figurerait parmi les 
six pays les plus affectés par un éventuel Brexit, même si, 
comme l'Allemagne et les Etats-Unis, cet impact serait moins 
considérable que pour les Pays-Bas, l'Irlande et la Belgique, 
dont les liens avec le Royaume-Uni sont plus forts.  
    Euler Hermes envisage une hypothèse favorable dans laquelle 
un éventuel Brexit serait assorti de la signature d'un accord de 
libre-échange avec l'Union européenne et un scénario défavorable 
sans accord de libre-échange avec l'UE.  
    La dépréciation de la livre sterling et la chute du produit 
intérieur brut britannique consécutives à un Brexit causeraient 
une importante baisse des importations britanniques venant de la 
zone euro, soulignent les auteurs de cette étude. 
    Sur la période 2017-2019, "en cas de scénario favorable, la 
France devrait perdre 2,4 milliards d'euros en exportations 
cumulées de biens et services, contre 3,2 milliards en cas de 
scénario défavorable", écrit Ana Boata, économiste Europe 
d'Euler Hermes, dans un communiqué.  
    A titre de comparaison, les pertes pour l'Allemagne 
pourraient atteindre 5,6 ou 7,4 milliards d'euros en fonction 
des conditions dans lesquelles se ferait un éventuel Brexit.  
    Pour l'ensemble de la zone euro, elles devraient s'élever à 
17,4 ou 23,5 milliards d'euros, toujours en prenant en compte la 
même période et le cumul des exportations de marchandises et de 
services.  
    Mis à part son impact sur le commerce de marchandises et de 
services, un éventuel Brexit génèrerait également des coûts de 
désinvestissements croisés.  
    Sur la période 2017-2019, la perte sèche potentielle en 
investissements cumulés pour la France pourrait aller de 3,2 
milliards d'euros dans l'hypothèse favorable à 5,2 milliards 
d'euros avec le scénario défavorable.  
    "Le désinvestissement relatif au Brexit aurait un impact non 
négligeable sur la croissance réelle du PIB français : -0,2 
point sur la période avec la signature d'un accord de 
libre-échange et -0,4 point sans la signature d'un accord de 
libre-échange", observe Ana Boata. 
    Selon les sondages publiés ces derniers jours au 
Royaume-Uni, le camp du maintien dans l'Union européenne et 
celui des partisans d'une sortie de l'UE restent au 
coude-à-coude, à moins d'un mois du référendum du 23 juin.   
 
 (Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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