France-L'exécutif étudie un remaniement après les départementales

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    * Déroute annoncée pour le PS aux départementales 
    * Des ministres candidats aux prochaines élections 
    * Des Verts et des "aubrystes" au gouvernement ? 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 3 mars (Reuters) - L'exécutif étudie l'opportunité 
d'un remaniement ministériel après les élections départementales 
des 22 et 29 mars, alors que les sondages prédisent une déroute 
des socialistes au pouvoir, en troisième position derrière le 
Front national et l'UMP.  
    Dans une enquête Odoxa parue lundi dans Le Parisien, le FN 
arrive largement en tête des intentions de vote au premier tour, 
à 33%, devant l'UMP alliée à l'UDI (27%) et le PS (19%). 
    Selon le scénario le plus pessimiste pour ce scrutin dont  
l'électorat semble largement se désintéresser, la gauche 
pourrait perdre deux tiers des 61 départements qu'elle dirige.  
    "Nous ne serons pas au second tour dans au moins 400 à 500 
cantons", sur un total de plus de 2.000, confie un ministre.  
    Autre échéance, le congrès du PS début juin à Poitiers. Les 
socialistes tenteront de restaurer un semblant de cohésion après 
des mois d'une tension au paroxysme lors du passage en force du 
gouvernement sur la loi Macron, que des députés socialistes 
menaçaient de rejeter.  ID:nL5N0W03CB  
    Dans cette atmosphère de défiance, des élus "frondeurs" ont 
laissé entendre qu'ils seraient prochainement reçus à l'Elysée à 
la demande de François Hollande. "Rien n'est prévu", 
rétorque-t-on cependant dans l'entourage du chef de l'Etat.  
    Si un changement à la tête du gouvernement semble exclu, 
l'exécutif réfléchit à des ajustements au sein de l'équipe de 
Manuel Valls, laissent entendre des sources gouvernementales. 
    "Le remaniement ne peut pas être que technique, il sera 
politique", estime un membre du gouvernement. 
     
    UN RETOUR DES VERTS ?     
    Les uns tablent sur un remaniement au lendemain des 
départementales, d'autres en juin, après le congrès dont un 
ministre espère qu'il remettra "les choses au clair au PS".  
    L'entrée d'écologistes et de proches de la maire de Lille, 
Martine Aubry, dans un gouvernement remanié figure au nombre des 
scénarios pour favoriser un rassemblement à gauche indispensable 
au PS dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017.  
    Trois ministres sont candidats aux départementales : Patrick 
Kanner (Ville), Ségolène Neuville (Personnes handicapées) et 
André Vallini (Transports). Cela pourrait avoir des conséquences 
sur leur maintien au gouvernement.  
    Carole Delga (Commerce, Artisanat) pourrait quant à elle en 
partir pour se consacrer aux régionales des 6 et 13 décembre, 
avec pour objectif de conquérir la présidence de la future 
grande région réunissant Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.  
    Le sort de Jean-Yves Le Drian, pressenti pour la région 
Bretagne, est encore incertain. Le ministre de la Défense, dont 
le rôle s'est accru après les attentats du début de l'année en 
France, aurait demandé au chef de l'Etat de trancher. 
    La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, 
devrait, elle, quitter le gouvernement pour raisons de santé. 
    Du côté des Verts, absents du gouvernement depuis avril 
2014, le sénateur Jean-Vincent Placé a maintes fois exprimé son 
souhait de devenir ministre. La situation paraît plus délicate 
pour les députés Barbara Pompili et François de Rugy, après leur 
intention affichée de voter contre la loi Macron. 
     
    PRUDENCE 
    Le nom de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la 
République pour la protection de la planète, est également cité 
dans la perspective de la conférence sur le climat de décembre à 
Paris, dont François Hollande a fait une priorité.    
    Sont également mentionnés pour une éventuelle entrée au 
gouvernement des proches de Martine Aubry comme les députés 
"frondeurs" Jean-Marc Germain et Christian Paul. 
    Le premier a récemment adouci son discours. Partisan d'un 
"contrat de majorité" mêlant les différentes sensibilités PS, 
radicales et écologistes, il a fait savoir qu'il se serait 
contenté de s'abstenir sur la loi Macron s'il y avait eu vote au 
lieu du passage en force décidé par Manuel Valls. 
    Mais concernant les Verts comme les frondeurs, un ministre 
proche de François Hollande tempère sérieusement ces hypothèses. 
    Pour lui, l'entrée de Jean-Vincent Placé au gouvernement 
n'aurait pas de sens sans accord politique "global" avec Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV), car "ça ne règlerait pas le problème 
politique" avec les écologistes. 
    Et si la question se pose, elle devra être réglée avant les 
régionales, ajoute ce ministre influent, qui déplore que les 
écologistes aient conclu près de trois fois plus d'accords avec 
le Front de gauche qu'avec le PS pour les départementales. 
    Quant à l'entrée de Jean-Marc Germain ou de Christian Paul 
au gouvernement, "ça n'aurait pas de portée politique pour les 
Français", ajoute-t-il. 
 
 (Avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • newwin le mardi 3 mar 2015 à 17:44

    quoi qu ils fassent y aura pas de portée politique en gauchissantmdr