France-L'exclusion de Jean-Marie Le Pen comporterait des risques

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* L'exclusion de Jean-Marie pas à l'ordre du jour * Le fondateur du FN menace le parti d'implosion si on l'écarte par Gérard Bon PARIS, 9 avril (Reuters) - La rupture entre Marine Le Pen et son père Jean-Marie pourrait achever la dédiabolisation du Front national mais n'est pas sans risques à deux ans de l'élection présidentielle, surtout si le président d'honneur du parti partait avec ses proches. Jean-Marie Le Pen a prévenu jeudi sa fille que son éventuelle exclusion de la formation politique qu'il a fondée en 1972 comportait "un risque d'implosion" du Front national. "Si cette décision était prise, elle serait complètement folle parce que le prestige que je conserve assez naturellement au sein du Front national provoquera des remous considérables et, pour elle, une perte d'influence qu'elle ne mesure sans doute pas", a-t-il dit sur RTL. La présidente du FN et les cadres du parti se sont massivement désolidarisés du patriarche de 86 ans qui a accumulé les sorties polémiques dans un entretien paru jeudi dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol. ID:nL5N0X51VA Marin Le Pen a d'ores et déjà jugé qu'il ne pourrait pas conduire la liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur pour les élections régionales de décembre prochain. La crise provoquée par Jean-Marie Le Pen sera évoqué lors d'un bureau exécutif préalable à la tenue du bureau politique du 17 avril où une décision sera prise pour la région PACA, a indiqué Nicolas Bay, le secrétaire général du parti, sur BFM TV. Florian Philippot, le numéro 2 du parti, qui souhaite que le fondateur du FN "démissionne" de lui-même, avait affirmé mercredi que "toutes les options étaient sur la table". Mais Marine Le Pen a démenti jeudi à Reuters vouloir proposer l'exclusion de son père, auquel le titre de président d'honneur à vie ne peut être théoriquement retiré. "Jean-Marie Le Pen pense que les statuts le protègent. Je pense que l'exclusion ne se fera pas parce qu'elle est très compliquée", a dit à Reuters le chercheur Jean-Claude Camus, spécialiste de l'extrême droite. "Marine Le Pen passerait pour quelqu'un qui refuse de reconnaître tout ce que son père a apporté au parti." "ÉPISODE D'UNE GRANDE VIOLENCE" Pour l'historien Nicolas Lebourg, la mise à l'écart du fondateur du parti serait une des conditions "pour que le FN achève sa transformation en grand parti autoritaire et conservateur, capable de devenir une alternative à l'UMP". Mais "la mise à mort politique de Jean-Marie Le Pen sera inévitablement un épisode d'une grande violence", dit-il dans Libération, paru jeudi, rappelant la réaction du patriarche lors de la scission mégrétiste de 1998. "Se laissera-t-il faire, cette fois, ou pourrira-t-il plutôt la vie du FN en lançant régulièrement ses petites bombes ?", demande Nicolas Lebourg. Le fondateur du FN pourrait être ainsi tenté de mener une liste dissidente dans la région PACA. "Marine Le Pen souhaite ma mort, peut-être, c'est possible, mais elle ne doit pas compter sur ma collaboration", a-t-il dit jeudi sur RTL. "La question est: Le Pen, combien de divisions ? S'il part seul ou avec d'autres", dit Jean-Claude Camus, rappelant que l'ancien numéro 2 Bruno Gollnisch n'a pas exclu de quitter le parti en cas de départ forcé de l'ancien patron du FN. "Les scissions ne mènent jamais nulle part", ajoute le chercheur, pour qui il n'existe pas "d'espace politique" en France pour deux formations de ce type. Une telle option risquerait de "créer des dommages en termes d'image" et un "découragement qui viendrait gripper la mobilisation" après "une séquence électorale sans faute", de Marine Le Pen, ajoute Jean-Claude Camus. (Edité par Yves Clarisse)

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