France-L'ex-"super flic" Neyret condamné à 30 mois de prison

le
0
    PARIS, 5 juillet (Reuters) - L'ancienne star de la police 
lyonnaise Michel Neyret a été condamné mardi par le tribunal 
correctionnel de Paris à 30 mois de prison ferme pour 
corruption. 
    Le parquet avait requis une peine de quatre années de 
prison, dont 18 mois avec sursis.  
    Michel Neyret a annoncé qu'il ne ferait pas appel.  
    "Quel que soit le jugement, je n'aurais pas fait appel de 
toute façon, a-t-il dit à la presse.  
    L'ancien policier a déjà effectué huit mois de détention 
provisoire, ce qui devrait lui permettre de bénéficier d'un 
aménagement de peine et de ne pas retourner derrière les 
barreaux.  
    "C'est la fin d'une dure épreuve", a dit l'ancien numéro 2 
de la PJ lyonnaise, âgé de 60 ans, qui risquait jusqu'à dix ans 
de prison.  
    L'affaire avait créé un traumatisme au sein de la police, 
relançant notamment le débat sur la gestion des indicateurs. 
    Michel Neyret était accusé d'avoir franchi la frontière qui 
sépare "flics et voyous" en acceptant de luxueux cadeaux de 
membres du milieu en échange de services totalement illégaux, et 
d'avoir détourné plusieurs kilos de résine de cannabis afin de 
rémunérer des informateurs. 
    "Comment un fonctionnaire exceptionnel en est-il arrivé à 
accepter d'être corrompu ? C'est une atteinte majeure à l'ordre 
public. Ça mérite une condamnation importante", avait dit à 
l'audience Annabelle Philippe, l'une des représentantes du 
ministère public. 
    "Est-on un grand flic quand on demande à ses subordonnés de 
commettre des infractions, quand on met le monde judiciaire à 
l'écart, quand on est le seul à définir les règles?", avait-elle 
ajouté. 
    L'épouse de Michel Neyret, Nicole, jugée à ses côtés, a été 
condamnée à huit mois de prison avec sursis et un capitaine de 
police à trois mois avec sursis. 
    Les corrupteurs présumés de l'ancien commissaire, 
actuellement en fuite, ont été condamnés à cinq et deux ans de 
prison ferme.  
    Patron de la brigade antigang de Lyon pendant vingt ans, 
Michel Neyret avait accumulé les succès dans ses enquêtes et 
fait tomber nombre de délinquants de haut vol avant d'être 
arrêté par l'IGS, la police des polices, en 2011. 
    Il a reconnu à l'audience s'être "laissé manipuler" par ses 
indicateurs mais a nié avoir été rétribué en retour. "Je pensais 
maîtriser une situation qui m'a échappé, je n'ai pas fait preuve 
de la prudence nécessaire", a-t-il dit. 
    L'ex-numéro 2 de la PJ lyonnaise a également assumé sa 
stratégie consistant à récupérer une partie de la drogue issue 
de saisies pour payer des "indics" permettant de démanteler les 
réseaux, en dehors de tout cadre légal. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant