France-L'ex-propriétaire de Mia demande réparation à l'Aquitaine

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    BORDEAUX, 25 octobre (Reuters) - Le consortium Focus Asia 
Gmbh, qui avait racheté en 2013 le fabricant d'automobiles Mia 
Electric, liquidé l'année suivante, réclame 26 millions d'euros 
de dédommagement à la Région Nouvelle Aquitaine pour "violation 
du pacte d'actionnaires". 
    La présidente du conseil de l'ex-Poitou-Charentes à 
l'époque, Ségolène Royal, avait fait entrer la région au capital 
de l'entreprise à hauteur de 11,7%. 
    La mise en demeure envoyée par Focus Asia Gmbh, Me Catherine 
Boulanger, est à l'étude par les services juridiques et 
financiers de la région Nouvelle Aquitaine qui, depuis la 
réforme des régions, intègre les anciennes régions 
Poitou-Charentes, Aquitaine et Limousin. 
    Ségolène Royal, actuellement ministre de l'Environnement, 
avait fait de Mia Electric un symbole d'excellence 
environnementale, dont Poitou-Charentes se voulait un fer de 
lance en France. 
    Mais rapidement la présidente de l'entreprise, Michèle Boos, 
qui avait maintenu les 210 emplois, a eu du mal à mettre en 
oeuvre son plan de redressement et la société a été liquidée en 
mars 2014, ses actifs vendus aux enchères. 
    "Les engagements de Ségolène Royal n'ont pas été tenus. La 
Région a violé le pacte d'actionnaires qui avait été signé. Des 
sommes considérables, plus de 10 millions d'euros, ont été 
consacrées à des aides versées à des entreprises concurrentes de 
Mia Électric ce qui a eu pour effet de faire fuir les 
investissements qui étaient prévus chez Mia", a indiqué à 
Reuters Catherine Boulanger. 
    Cette dernière rappelle qu'en 2014, la Chambre régionale des 
comptes a épinglé le soutien "important et inconditionnel" de la 
Région à Éco et Mobilité, liquidée deux ans plus tôt. 
    Aujourd'hui Focus Asia Gmbh, par l'intermédiaire de Dietmar 
Schweizer, successeur de Michèle Boos - mise en examen pour 
banqueroute et abus de biens sociaux -, réclame 25,56 millions 
d'euros représentant le montant des investissements ainsi que 
les marchés qui devaient être réalisés. 
    L'argumentaire reçu par la Région Nouvelle Aquitaine fait 
état du rôle joué par Ségolène Royal qui aurait, selon lui, fait 
pression sur la direction de Mia pour ne pas faire appel de la 
décision afin de favoriser la reprise par la Fabrique régionale 
du bocage créée à son initiative. 
    La Chambre régionale des comptes doit remettre prochainement 
ses conclusions sur la gestion de Ségolène Royal lorsqu'elle 
était présidente de Poitou-Charentes.   
    Au mois de février dernier, le président PS de la Région 
Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, avait révélé que 
Poitou-Charentes avaient laissé 132 millions d'euros d'impayés. 
Un audit a confirmé "une forte dégradation des ratios 
financiers". 
 
 (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • aerosp il y a un mois

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