France-L'ex-Premier ministre kosovar remis en liberté

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 (Actualisé avec précisions) 
    COLMAR, Haut-Rhin, 12 janvier (Reuters) - La chambre de 
l'instruction de la Cour d'appel de Colmar a ordonné jeudi la 
remise en liberté de l'ancien Premier ministre kosovar Ramush 
Haradinaj, dans l'attente de l'examen d'une demande 
d'extradition que la Serbie doit adresser à la France en vue de 
le juger pour crimes de guerre. 
    La mesure est assortie d'un contrôle judiciaire qui fait 
obligation à l'homme politique de rester sur le territoire 
français et de demeurer à Strasbourg, où il devra pointer deux 
fois par semaine au commissariat. 
    Ramush Haradinaj a été arrêté le 4 janvier à l'aéroport de 
Bâle-Mulhouse-Fribourg par la police des frontières à sa 
descente d'un avion en provenance de Pristina, la capitale du 
Kosovo, en exécution d'un mandat d'arrêt international émis par 
la Serbie en 2004. 
    Ancien chef rebelle pendant la guerre de 1998-1999 au 
Kosovo, il a été Premier ministre en 2004 et 2005 et dirige 
aujourd'hui un parti d'opposition. Jugé pour crimes de guerre 
par le Tribunal pénal international de l'Onu à La Haye, il a été 
acquitté à deux reprises. 
    L'examen de sa demande d'extradition, qui n'est pas encore 
parvenue au parquet général de Colmar, pourrait prendre 
"plusieurs semaines, voire plusieurs mois", selon l'avocat 
général Dominique Steinmetz. 
    La décision finale appartiendra au gouvernement français. 
    L'avocat général avait conclu au rejet de la demande de 
remise en liberté, jugeant trop incertaines les garanties de 
représentation de Ramush Haradinaj et "compte tenu des positions 
qui ont été (les siennes) au début de l'audience". 
    "Tout ça, c'est du cirque. Ce que vous faites est un abus de 
droit, un abus de la loi. Ce que vous faites est politique", a 
lancé aux juges l'ancien chef de guerre. 
    "Vous êtes au service de M. Milosevic", a-t-il ajouté en 
évoquant la figure du défunt président de la Serbie au temps des 
guerres dans l'ex-Yougoslavie et contre les indépendantistes 
kosovars, qui est décédé en 2006 alors qu'il était jugé par le 
tribunal de La Haye pour crimes contre l'humanité. 
    Son avocate s'est elle-même moins attardée sur les garanties 
de représentation de son client que sur la demande d'extradition 
dont elle a dénoncé le caractère illégal. 
    "La Serbie n'est pas compétente pour juger M. Haradinaj", a 
affirmé Me Rachel Lindon. 
   Seul un tribunal du Kosovo, désormais indépendant, ou le 
Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie peuvent selon 
elle juger l'ancien chef de guerre, or cette dernière l'a 
acquitté par deux fois pour les faits que veut, selon elle, 
juger Belgrade. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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