France-L'ex-ennemi public numéro 1 devant les assises

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    * La mort d'une policière municipale avait créé une onde de 
choc 
    * Neuf accusés pour un procès fleuve 
    * Parmi eux, l'ex-ennemi public numéro 1 Redoine Faïd 
 
    PARIS, 1er mars (Reuters) - L'ex-ennemi public numéro 1 
Redoine Faïd et huit autres accusés sont jugés depuis mardi pour 
un braquage au cours duquel la policière municipale Aurélie 
Fouquet a été tuée en 2010, provoquant une onde de choc dans les 
forces de l'ordre. 
    Considéré comme le chef d'une bande armée, Redoine Faïd 
n'est pas jugé pour meurtre, contrairement à certains de ses 
co-accusés, mais pour "récidive de tentative de vol en bande 
organisée avec usage ou menace d'armes". 
    Les investigations n'ont pas établi son implication directe 
dans la course-poursuite et la fusillade qui a coûté la vie à la 
fonctionnaire de 26 ans à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il 
encourt néanmoins la réclusion criminelle à perpétuité. 
    Les limiers de la police judiciaire sont convaincus que cet 
ancien petit caïd des cités de l'Oise qui se rêvait en bandit de 
cinéma et se présentait quelques mois plus tard comme un 
"repenti" est bien le cerveau de l'opération. 
    Mais Redoine Faïd considère "qu'il n'a rien à faire aux 
assises car aucun élément matériel ne l'implique" dans la 
tentative d'attaque à main armée, assure son avocat.   
    "Aucun témoin ne l'a reconnu, aucun de ses co-accusés ne le 
met en cause et son ADN n'a été retrouvé nulle part puisqu'il 
n'était pas là. Sa participation est une hypothèse de travail 
que rien n'étaye", a dit Me Christian Saint-Palais à Reuters. 
    "Nous serons vigilants pour que ce qui fut sa notoriété ne 
le desserve pas", a-t-il ajouté avant le début de l'audience.    
  
    Redoine Faïd, 43 ans, n'a eu cesse en effet de chercher à se 
faire un nom dans le grand banditisme. 
     
    IL S'EST INSPIRE DU FILM "HEAT" 
    Il a ainsi reproduit à l'identique des scènes de "Heat" de 
Michael Mann, son film fétiche, pour l'attaque d'un fourgon 
blindé en 1997 à Villepinte (Seine-Saint-Denis). 
    Il s'enfuit ensuite en Israël pour y apprendre l'hébreu et 
le maniement des explosifs. De retour en France en 1998, il est 
arrêté et condamné pour l'attaque à main armée de Villepinte.  
    Mais en avril 2013, il réussit à s'évader de la maison 
d'arrêt de Sequedin (Nord) à grand renfort d'explosifs et après 
avoir pris quatre surveillants en otage. Il est repris six 
semaines plus tard dans un hôtel de Seine-et-Marne. 
    Le grand public l'avait auparavant découvert en 2010, 
quelques mois après la mort d'Aurélie Fouquet, grâce à un livre 
d'entretiens avec un journaliste où il affirmait que son passé 
de délinquant était derrière lui. 
    L'expertise psychiatrique décrit Redoine Faïd comme un 
"prédateur social qui utilise les qualités de sa personnalité - 
charme, charisme, intelligence, courage, réactivité - pour 
contrôler les autres et obtenir ce qu'il souhaite". 
    Le procès fleuve doit durer jusqu'au 15 avril en présence de 
20 parties civiles, 103 témoins et 25 experts. 
    L'un des accusés, Olivier Tracoulat, est jugé par défaut. La 
justice ignore s'il est toujours en fuite ou s'il a été 
mortellement blessé lors de la fusillade de Villiers-sur-Marne 
et discrètement enterré par des complices. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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