France-L'évacuation de Notre-Dame-des-Landes pas à l'ordre du jour

le , mis à jour à 13:59
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    * Matignon continue d'évaluer la faisabilité du projet 
    * Paris invoque un différend avec Bruxelles 
    * Les partisans du projet s'impatientent 
 
 (Actualisé avec Ago) 
    PARIS/NANTES, 9 décembre (Reuters) - L'évacuation du site 
occupé par les opposants au projet d'aéroport de 
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) n'est pas à l'ordre du 
jour, les autorités françaises ayant déclaré vendredi étudier sa 
faisabilité juridique et opérationnelle. 
    Alors que les partisans du projet réclament l'évacuation du 
site de 1.600 hectares promise à l'automne par Manuel Valls, 
Premier ministre à l'époque, le nouveau locataire de Matignon 
avance notamment un différend avec Bruxelles.   
    "Nous sommes dans un état de droit qui ne saurait être 
bafoué. Le cadre d'une intervention doit être maîtrisé. Nous 
devons avant tout clarifier une situation de précontentieux avec 
la Commission européenne", a-t-on déclaré dans l'entourage du 
Premier ministre, Bernard Cazeneuve. 
    "Cette opération doit être préparée méticuleusement et les 
étapes doivent être préparées. Il faut être irréprochable 
juridiquement et opérationnellement", a-t-on ajouté. "Pendant 
que nous interrogeons l'UE, nous examinons les conditions 
opérationnelles d'engagement des forces dans un contexte de 
menace terroriste élevé." 
    Des partisans du projet ont réagi avec scepticisme. 
    "On espère que cette notion d'étude ne soit pas un moyen 
détourné de reculer à nouveau", a déclaré Dominique Boschet, 
président de l'Association contre le survol de l'agglomération 
nantaise (Acsan), qui milite en faveur du "transfert" de 
l'actuel aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes. 
    "Mais on y croit encore : on a du mal à imaginer qu'un 
président de la République n'honore pas un vote qu'il a lui-même 
sollicité", a-t-il dit à Reuters, en référence à la 
"consultation" de la population locale organisée en juin et qui 
s'est soldée par une victoire des partisans du "transfert". 
     
    "IL FAUT Y ALLER, QUOI QU'IL ARRIVE" 
    "Personne ne nie la complexité d'une telle évacuation, ni 
qu'il faille prendre des précautions juridiques, mais il faut y 
aller, quoi qu'il arrive", considère Dominique Boschet. 
    Alain Mustière, président des "Ailes pour l'Ouest", une 
autre association de partisans du projet d'aéroport, a également 
jugé "scandaleux" le report de l'évacuation 
    "Manuel Valls s'est quand même engagé devant l'Assemblée 
nationale, en disant que le dossier était dans les mains de 
Cazeneuve", rappelle-t-il. "Ça en devient dramatique, surtout en 
période électorale : cela montre que les hommes politiques n'ont 
pas de parole Je n'ai en effet jamais vu autant d'engagements 
publics en faveur d'un projet, et autant de renoncements." 
    Le projet d'aéroport est soumis au respect du droit 
européen. Une directive oblige notamment à soumettre des projets 
d'infrastructure à une étude sur leur impact environnemental. Or 
en avril 2014, la Commission avait adressé une mise en demeure à 
la France pour manquement à cette obligation, estimant que les 
évaluations étaient trop fragmentées. 
    L'Autorité environnementale, instance ministérielle, a été 
saisie. Mais Paris n'a toujours pas répondu à ce jour à la mise 
en demeure, même si un document est en préparation. 
    Le dossier Notre-Dame-des-Landes s'annonce comme l'un des 
sujets épineux de la fin du quinquennat de François Hollande. 
    Manuel Valls, qui a quitté Matignon mardi pour se lancer 
dans la course à l'élection présidentielle, a dit mi-novembre 
que les travaux de construction commenceraient "dès que 
possible" après le rejet d'un recours.   
    "La déclaration d'utilité publique expire en janvier 2018. 
Donc il y a un peu de temps et il faut que les choses puissent 
avancer", a-t-il dit vendredi sur BFM TV et RMC, rappelant que 
le dossier était désormais entre les mains de son successeur. 
    Une première tentative d'évacuation du site avait échoué en 
2012. Début octobre, plusieurs milliers d'opposants au projet 
ont manifesté pour sauver la ZAD, la "zone d'aménagement 
différée", qu'ils ont rebaptisée "zone à défendre". 
 
 (Guillaume Frouin, avec Elizabeth Pineau et Gérard Bon, édité 
par Yves Clarisse) 
 

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