France-L'évacuation de Notre-Dame-des-Landes à l'étude, dit Matignon

le
0
    PARIS, 9 décembre (Reuters) - Les autorités françaises sont 
toujours en train d'étudier la faisabilité juridique et 
opérationnelle d'une évacuation du site occupé par les opposants 
au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes 
(Loire-Atlantique), a-t-on déclaré vendredi à Matignon.  
    Les partisans du projet s'inquiètent de voir que 
l'évacuation du site de 1.600 hectares promise à l'automne par 
Manuel Valls, alors Premier ministre, ne semble pas sur le point 
de se faire.   
    "Nous sommes dans un état de droit qui ne saurait être 
bafoué. Le cadre d'une intervention doit être maîtrisé. Nous 
devons avant tout clarifier une situation de précontentieux avec 
la Commission Européenne", a-t-on déclaré dans l'entourage du 
Premier ministre, Bernard Cazeneuve.  
    "Cette opération doit être préparée méticuleusement et les 
étapes doivent être préparées. Il faut être irréprochable 
juridiquement et opérationnellement", a-t-on ajouté. "Pendant 
que nous interrogeons l'UE, nous examinons les conditions 
opérationnelles d'engagement des forces dans un contexte de 
menace terroriste élevé". 
    Le projet d'aéroport est soumis au respect du droit 
européen. Une directive européenne oblige notamment à soumettre 
des projets d'infrastructure à une étude sur leur impact 
environnemental. Or en avril 2014, la Commission européenne 
avait adressé une mise en demeure à la France pour manquement à 
cette obligation légale, estimant que les évaluations établies 
étaient trop fragmentées.  
    L'Autorité environnementale, instance ministérielle, a été 
saisie. Mais Paris n'a toujours pas répondu à ce jour à la mise 
en demeure, même si un document est en préparation.    
    Le dossier Notre-Dame-des-Landes s'annonce comme l'un des 
sujets épineux de la fin du quinquennat de François Hollande.  
    Pour tenter de déminer la crise, le chef de l'Etat a 
organisé une consultation locale en juin dernier qui a vu le 
projet, dont les opposants mettent en doute la pertinence, 
recueillir 55% de voix favorables. 
    Manuel Valls, qui a quitté Matignon mardi pour se lancer 
dans la course à l'élection présidentielle, a fait savoir 
mi-novembre que les travaux de construction commenceraient "dès 
que possible".   
    Une première tentative d'évacuation du site avait échoué en 
2012. Début octobre, plusieurs milliers d'opposants au projet 
ont manifesté pour affirmer leur détermination à défendre la 
ZAD, la "zone d'aménagement différée", qu'ils ont rebaptisée 
"zone à défendre". 
 
 (Elizabeth Pineau et Gérard Bon) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant