France-L'Etat veut une nouvelle négociation pour les routiers

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(Actualisé avec secrétaire d'Etat aux Transports) PARIS, 16 mars (Reuters) - Le secrétaire d'Etat français aux Transports a demandé lundi la tenue d'une nouvelle réunion de négociation au moment où les syndicats de routiers ont entamé de nouveaux blocages pour relancer les discussions salariales avec le patronat. "Les conditions du dialogue doivent être retrouvées", a déclaré Alain Vidalies dans un communiqué, précisant avoir demandé au président de la Commission mixte paritaire d'organiser, dans les meilleurs délais, une nouvelle réunion. Prônant la recherche d'un compromis, il souligne que le gouvernement a introduit dans la loi Macron un dispositif de lutte contre le dumping social dans ce secteur. Les négociations dans le secteur étaient interrompues depuis le 9 février. L'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) se défend de vouloir bloquer le pays et cible prioritairement les entreprises pour une durée indéterminée. A midi lundi, 25 opérations de blocage se poursuivaient à travers le pays, a annoncé la CFDT Transport. L'intersyndicale avait déjà mené des actions de blocage en janvier, sans faire plier le patronat lors des négociations, qui s'étaient à nouveau soldées en février par un échec. L'organisation patronale des PME (OTRE) s'est dite ouverte à la poursuite des négociations avec les organisations syndicales "sur la base de propositions raisonnables", mais les autres fédérations ne se sont pas jointes à cette main tendue. Les syndicats de routiers, qui réclamaient un plafond minimum de 10 euros bruts de l'heure pour les plus bas coefficients du transport routier, ont de leur côté légèrement baissé leurs prétentions. BLOCAGE DES GRILLES SALARIALES Les grilles salariales dans le transport routier de marchandises sont bloquées depuis 2012, font-ils valoir. Les premières opérations ont débuté dans la nuit en Indre-et-Loire et en Alsace, avec le blocage de trois dépôts ou plateformes, dont celle de Port-du-Rhin. Dans l'Isère, une centaine de militants ont bloqué des camions sur l'A7 au péage de Reventin. En Ile-de-France, des camions ont empêché l'accès à la Zone d'aménagement concerté du Val Bréon, à Châtres (Seine-et-Marne), empêchant la sortie de leurs confrères. Les grévistes ont également mis en place dans la matinée des barrages à l'entrée de deux zones industrielles de Reims (Marne). Dans l'Ouest, une opération escargot a été menée sur la rocade de Rennes et plus d'une centaine de camions étaient bloqués sur l'A84 près de Caen (Calvados). Le trafic était également perturbé par une opération escargot, dans le sens Paris-Lille, sur l'A21, et Lille-Paris, sur l'A1. En Gironde, une cinquantaine de manifestants bloquaient l'accès au dépôt pétrolier de Bassens, au nord de Bordeaux. Selon les syndicats, plus de 120 camions ne peuvent en sortir et aucun ne peut y entrer. "Nous ne partirons pas tant que le patronat et surtout la FNTR qui bloque toute avancée n'aura pas décidé d'entamer des négociations", a indiqué à Reuters Marc Rosa, le secrétaire général de la CGT transports en Gironde. (Gérard Bon, avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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