France-L'Etat prend en charge le camp de migrants de Grande-Synthe

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    par Pierre Savary 
    GRANDE-SYNTHE, Nord, 30 mai (Reuters) - Le ministre de 
l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé lundi que l'Etat 
allait financer le fonctionnement du camp de migrants de 
Grande-Synthe, qui avait pourtant été installé contre sa volonté 
par la ville et Médecins sans frontières. 
    "Je me suis rendu compte que le projet était ici sérieux, 
solide" a-t-il dit dans le camp. "Nous venons pour dire que nous 
financerons, nous venons pour faire ensemble, nous n'avons pas 
vocation à maintenir à l'infini des camps mais sans ces camps, 
il manquerait un élément dans la chaîne". 
    La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a annoncé à ses 
côtés que l'Etat investirait 3,9 millions d'euros avant de 
signer une convention tripartite avec la ville de Grande-Synthe 
et une association de lutte contre l'exclusion, l'Afeji. 
    Cette convention prévoit la scolarisation des enfants de 
migrants, un accompagnement sur la durée et un accès aux soins. 
    Cette annonce confirme un changement de stratégie de la part 
de l'Etat sur ce camp où les conditions étaient encore pires 
qu'à Calais, à quelques dizaines de kilomètres de distance. 
    Dans un premier temps, il avait tenté de s'opposer à la 
construction du camp en bois de la Linière et entamé un bras de 
fer avec la ville en la mettant en demeure d'améliorer les 
conditions de sécurité sous peine d'interdire son ouverture. 
    La volonté réaffirmée plusieurs fois était de ne pas créer 
un camp pérenne, pouvant participer à un effet "appel d'air".  
     
    700 MIGRANTS 
    Faute de pouvoir l'interdire, l'Etat a reconsidéré sa 
position et décidé de l'encadrer, de participer à son 
financement et de prévoir à un terme non défini sa fermeture. 
    "L'objectif est de le fermer à terme, de trouver des 
solutions pour les migrants comme cela a été le cas à Calais", 
explique la préfecture. 
    Le camp de la Linière est une initiative commune de l'ONG 
Médecins sans frontières (MSF) et du maire de Grande-Synthe, 
l'écologiste Damien Carême. 
    Environ 1.300 migrants, essentiellement des Kurdes irakiens, 
y ont été installés début mars. Avant sa construction, ils 
étaient regroupés dans une zone boueuse, insalubre, dite du 
"Basroc"» à quelques kilomètres de là. 
    Devant ce constat, MSF et la ville ont décidé la 
construction d'un camp aux normes humanitaires internationales 
et d'investir environ 3 millions d'euros dans l'opération, pris 
en charge par MSF à 75% et la ville à 25%. 
    Au dernier comptage, il y a une semaine, un peu plus de 700 
migrants étaient présents dans le camp. 
    Bernard Cazeneuve s'est aussi félicité de la réussite de la 
lutte contre les passeurs. L'an dernier, 251 filières ont été 
démantelées en France, 25% de plus qu'en 2014. "Et en 2016, sur 
les cinq premiers mois, 116 nouvelles filières ont été 
démantelées, là aussi en hausse de 25%", a-t-il dit. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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