France-L'état d'urgence doit rester exceptionnel, dit Cazeneuve

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    PARIS, 24 janvier (Reuters) - L'état d'urgence en vigueur 
depuis les attaques du 13 novembre dernier est toujours 
"nécessaire" mais doit demeurer "exceptionnel", a déclaré le 
ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d'un 
entretien diffusé dimanche. 
    Vendredi, le Premier ministre, Manuel Valls, a provoqué 
l'étonnement en laissant entendre que ce régime pourrait être 
maintenu jusqu'à la défaite de l'organisation Etat islamique 
(EI), qui a revendiqué les attentats parisiens. 
    Mais, selon Bernard Cazeneuve, ses propos ont été mal 
compris. 
    "Ce qu'a dit Manuel Valls, c'est qu'aussi longtemps que la 
menace terroriste serait là, nous utiliserions tous les moyens 
qui sont ceux que nous donne le droit pour le combattre", a-t-il 
dit lors de cette interview donnée à France 5. 
    "L'état d'urgence est un outil parmi d'autres", a ajouté le 
ministre. Il doit "demeurer exceptionnel. Et ce n'est pas parce 
que nous le prolongeons qu'il a vocation à se prolonger pour 
l'éternité." 
    Déclaré dans la nuit suivant les attaques de Paris et 
Saint-Denis, il doit en théorie prendre fin le 26 février à 
minuit, mais l'Elysée a annoncé vendredi dernier son intention 
de le proroger pour une durée de trois mois. 
    Le gouvernement présentera au conseil des ministres du 3 
février un projet de loi en ce sens, qui sera ensuite soumis aux 
parlementaires. 
    "Aussi longtemps qu'il y a un péril imminent, nous avons 
besoin de l'état d'urgence. Je vous rappelle que, parmi ceux qui 
nous ont frappé le 13 novembre, tous les terroristes n'ont pas 
été récupérés", a insisté Bernard Cazeneuve. 
    A la suite de l'annonce par la présidence de faire voter la 
prorogation de l'état d'urgence, des réticences se sont 
exprimées, notamment dans les rangs des écologistes, de 
l'extrême gauche et de certaines associations, qui jugent ce 
régime liberticide. 
    Le Conseil national des barreaux (CNB) a exhorté samedi le 
gouvernement à renoncer à cette idée.  
    La Ligue des droits de l'homme (LDH) a par ailleurs saisi la 
semaine dernière le Conseil d'Etat, qui devrait examiner sa 
demande le 26 janvier.   
    Dans un entretien à la BBC diffusé vendredi, Manuel Valls a 
jugé que l'état d'urgence serait maintenu "le temps qu'il 
faudra(it)" et poursuivi en laissant penser qu'il pourrait durer 
"jusqu'à ce que l'on puisse, évidemment, en finir avec Daech". 
 
 (Simon Carraud, édité par Pierre Sérisier) 
 
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