France-L'Etat a peu de marges d'action pour aider AccorHotels

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    * Inquiétude sur l'hémorragie de grands groupes français 
    * AccorHotels n'est pas stratégique 
    * Les moyens de l'Etat concentrés sur Areva et EDF 
    * Des politiques qui découragent les actionnaires 
 
    par Yann Le Guernigou 
    PARIS, 7 juin (Reuters) - Le risque d'un passage 
d'AccorHotels sous pavillon chinois  inquiète au plus haut point 
le gouvernement français, confronté depuis deux ans à une 
hémorragie de départs de grands groupes, mais ses marges de 
manoeuvre tant politiques que financières semblent limitées, 
voire inexistantes. 
    François Hollande est monté lui-même au créneau en se 
déclarant "très attentif à ce que le capital de ce grand groupe 
à taille mondiale reste diversifié". 
    "Nous devons veiller à ne pas perdre les centres de 
décision", a ajouté le chef de l'Etat  L8N18V2FY  à propos des 
visées du groupe chinois Jin Jiang sur Accor, dont il est le 
premier actionnaire  . 
    Pour l'économiste Elie Cohen, "on peut comprendre qu'il y 
ait une espèce de sentiment de panique" chez les pouvoirs 
publics avec cette affaire. 
    "Jusqu'à présent, le discours dominant était de dire que la 
France possède plus de grands groupes que ses voisins européens, 
allemands, italiens et espagnols, et qu'elle est le pays des 
grandes firmes à défaut d'être celui des PME dynamiques." 
    "Or, ce à quoi on assiste depuis deux ans maintenant, c'est 
à une hémorragie accélérée de grandes entreprises françaises, 
soit des disparitions pures et simples, soit des départs à 
l'étranger", explique cet économiste classé à gauche. 
    Alcatel et Alstom, les deux fleurons de l'ancienne Cie 
générale d'électricité, ont été absorbés par le finlandais Nokia 
et l'américain GE, Lafarge s'est allié au suisse Holcim et 
Technip vient d'annoncer son mariage avec l'américain FMC 
Technologies et son déménagement à Londres. 
     
    NE PAS DISPERSER LES EFFORTS 
    "Pour le gouvernement, voir Alcatel, Alstom, Technip, 
Lafarge partir à l'étranger c'est traumatisant et il éprouve le 
besoin de parler. Mais simplement de parler, car sur le fond, il 
n'a pas de base d'action", souligne Elie Cohen. 
    AccorHotels n'entre pas dans le cadre des entreprises 
"stratégiques" dans lequel les investissements étrangers sont 
soumis à une autorisation préalable officielle.  
    Les secteurs concernés, dont la liste a été élargie lors de 
l'opération GE-Alstom en 2014, sont pour l'essentiel la défense, 
l'énergie, les transports, les communications électroniques et 
la protection de la santé publique. 
    Et financièrement, l'Etat peut difficilement mobiliser des 
ressources pour venir à l'aide du groupe hôtelier - une prise de 
participation de 10% a été évoquée dans la presse, pour un 
milliard d'euros - au moment où il est mobilisé par le sauvetage 
d'Areva et la consolidation d'EDF, pour lesquels il lui faudra 
trouver de l'ordre de sept milliards.   
    "C'est ce que (le ministre de l'Economie) Emmanuel Macron 
essaye d'expliquer actuellement au gouvernement en disant que, 
autant il est légitime de s'intéresser au sort d'Areva et d'EDF, 
autant il ne faut pas disperser ses efforts", déclare Elie Cohen 
en se faisant l'écho d'une information de presse en ce sens. 
     
    JIN JIANG SENSIBLE AUX RÉACTIONS ? 
    S'il ne parvient pas à organiser un nouveau tour de table du 
groupe hôtelier, l'Etat français peut tenter de convaincre Jin 
Jiang "que l'intégration ne marcherait pas et qu'ils ont intérêt 
à se limiter", estime Jean-François Dufour, analyste chez 
Montsalvy Consulting spécialisé dans les investissements 
industriels avec la Chine. 
    "En général, les Chinois s'avèrent sensibles à la réaction 
(des gouvernements étrangers), plutôt plus sensibles avec le 
passage du temps", dit-il en soulignant que le gouvernement 
chinois est lui aussi concerné "au moins indirectement puisque 
les groupes privés ont besoin de se financer auprès de banques 
chinoises sous la houlette des autorités". 
    Elie Cohen voit mal cependant la France fermer la porte 
d'AccorHotels à des investisseurs chinois au moment où le 
gouvernement leur a "déroulé le tapis rouge dans le cadre de sa 
stratégie d'attractivité". 
    L'économiste juge que l'aspect chinois du dossier n'est pas 
l'essentiel. "Le vrai problème c'est que les icônes du 
capitalisme français tombent les unes après les autres", dit-il 
en soulignant que la France paye pour son "mépris des 
actionnaires". 
    "S'il considérait que le contrôle des groupes français par 
des actionnaires français était important, les gouvernements 
successifs n'auraient pas fait la politique qu'ils mènent avec 
application depuis 20 ans qui vise à décourager toute détention 
d'actions par les particuliers et même les fonds 
d'investissement." 
    "Je crois que les gouvernements à venir vont devoir se poser 
la question, un peu trop tard, de ce qu'est une politique du 
capital", conclut Elie Cohen. 
 
 (avec Paul Taylor, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • M7403983 le mardi 7 juin 2016 à 17:02

    Hollande a joué contre la finance, et l'entreprenariat en France (via Piketty entre autre ) ... nous en voyons le bien triste résultat, et ce n'est pas fini ... Comme si nous n'avions pas eu besoin de cela !!!!!

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