France-L'enquête sur le rachat d'Uramin se poursuit-procureur

le
0

PARIS, 5 mars (Reuters) - Les investigations sur le rachat en 2007 de la société minière canadienne Uramin par le groupe nucléaire français Areva AREVA.PA "suivent pleinement leur cours", assure jeudi le procureur national financier. Mercredi, après l'officialisation de lourdes pertes au titre de 2014 par le spécialiste public du nucléaire, l'association anticorruption Sherpa avait publié un communiqué intitulé "Affaire Uramin : l'enquête piétine, les citoyens payent la facture". "Une équipe d'enquêteurs est mobilisée à temps plein sur ce dossier, sous la direction de deux magistrats du parquet financier", indique jeudi le procureur dans un communiqué. "Plus de 200 procès-verbaux et une quinzaine de perquisitions ont été réalisées. Plusieurs centaines de scellés, dont un million de fichiers informatiques sont en cours d'exploitation. Deux demandes d'entraide pénale internationales adressées à des autorités judiciaires étrangères sont en cours d'exécution", précise-t-il. "Loin de piétiner, les investigations suivent pleinement leur cours." Le parquet national financier a ouvert le 21 février 2014 une enquête préliminaire sur le rachat d'Uramin qu'il a confiée à la brigade financière. C'est la Cour des comptes qui est à l'origine des investigations, puisqu'elle a signalé au parquet d'éventuelles irrégularités dans le cadre de cette acquisition qui a tourné au fiasco financier. Areva a officialisé mercredi de lourdes pertes au titre de 2014, en raison d'importantes dépréciations d'actifs et de provisions, et annoncé son intention de mettre en oeuvre un plan d'économies d'un milliard d'euros à l'horizon 2017. "L'enquête piétine, aucun juge d'instruction n'a été désigné, ce qui soulève de sérieuses questions de volonté politique", écrivait mercredi Sherpa dans un communiqué. "Avec ses 4,9 milliards d'euros de pertes nettes affichées qui sont considérables, ce sont les contribuables qui risquent fort de payer la facture et des centaines de salariés d'Areva qui sont menacés d'être licenciés pour compenser, au mieux, des erreurs de gestion en haut lieu. Il est donc plus qu'urgent que les responsabilités pénales des différents protagonistes." L'acquisition d'Uramin en 2007 pour 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) a contraint Areva à inscrire dans ses comptes en 2010 et 2011 des provisions d'un montant total proche de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l'uranium et de ses réserves estimées. (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant