France-L'enquête sur le financement de campagnes du FN progresse

le
2

PARIS, 10 avril (Reuters) - Les juges chargés de l'enquête sur le financement des campagnes législative et présidentielle du Front national en 2012 ont sensiblement avancé cette semaine, avec deux mises en examen et de nouvelles auditions. Les enquêteurs devaient ainsi entendre vendredi Nicolas Crochet, commissaire aux comptes du FN et ancien conseiller de Marine Le Pen, après une première comparution le 2 avril dernier, selon une source judiciaire qui confirme une information du Monde. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire en avril 2014 à ce sujet, élargie le 9 mars dernier à des faits de financement illégal de partis politiques par une personne morale. Les juges cherchent à savoir si le FN et le micro-parti de Marine Le Pen, "Jeanne", n'ont pas profité de facilités de paiement offertes par la société Riwal dans le cadre de campagnes électorales. Mercredi, un proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, patron de Riwal, prestataire de services du FN, a été mis en examen pour financement illégal de parti politique. Fin janvier, il avait déjà été mis en examen pour faux, escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment de ce délit. Sa société a aussi été mise en examen mercredi pour escroquerie et financement illégal de parti politique. Deux autres personnes avaient auparavant été mises en examen dans cette affaire : Olivier Duguet, ancien trésorier du micro-parti "Jeanne" --pour complicité de financement illégal de parti politique, complicité d'escroquerie et complicité et recel d'abus de biens sociaux-- et Axel Loustau, son actuel trésorier, pour escroquerie. DONS DÉGUISÉS? Selon Le Monde, la présidente du Front national ainsi que David Rachline, sénateur du Var et maire de Fréjus, et le député européen Nicolas Bay "sont désormais directement visés" par les investigations des juges. Lors de la mise en examen de Riwal, mercredi, les magistrats auraient ainsi indiqué qu'il pourrait être reproché à Marine Le Pen d'avoir salarié les deux hommes, qui étaient ses conseillers, "fictivement en CDD, pendant sa campagne", écrit le quotidien. Les salaires qui leur ont été versés par Riwal pourraient en effet constituer des "dons déguisés aux candidats". Joint par Reuters, Nicolas Bay, secrétaire général du FN, a qualifié ces soupçons de "totalement infondés". "Pendant les deux mois de campagne législative, et non pendant la campagne présidentielle, j'ai été salarié en CDD par la société Riwal qui était chargée de la conception des documents de campagne de nos candidats", a-t-il expliqué. "Dans ce cadre, j'étais moi-même chargé de la rédaction des textes contenus dans ces documents. Il nous a semblé prudent juridiquement que je sois à ce titre salarié de la société Riwal afin que le Front national ne soit pas accusé d'avoir mis des moyens gratuitement à disposition de cette société", a-t-il ajouté, assurant pouvoir apporter "la preuve de l'effectivité de ce travail." Ni Marine Le Pen, ni Nicolas Bay ni David Rachline n'ont été convoqués à ce jour dans le cadre de l'enquête en cours, indique une source judiciaire. (Chine Labbé, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • frk987 le vendredi 10 avr 2015 à 18:06

    On va rire en 2018 quand on va éplucher les comptes de campagne de la gauche au sens large !!!!!

  • nanard83 le vendredi 10 avr 2015 à 17:57

    C'était à prévoir , les procureurs et juges , aux ordres du gouvernement