France-L'économie renoue avec une croissance timide au T3

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    * Croissance de 0,2% au T3, celle du T1 abaissée à +0,6% 
    * La consommation stagne encore, l'investissement des 
entreprises recule à nouveau 
    * L'objectif de 1,5% de croissance "difficile" cette année, 
pas remis en cause pour 2017-Sapin 
    * Croissance faible sans moteur interne, selon les 
économistes 
 
 (Actualisé avec précisions, réaction supplémentaire de Michel 
Sapin et commentaires d'économistes) 
    par Myriam Rivet 
    PARIS, 28 octobre (Reuters) - La croissance de l'économie 
française a rebondi de 0,2% au troisième trimestre après son 
trou d'air du printemps, a déclaré vendredi l'Insee, ce qui 
fragilise l'hypothèse d'une croissance de 1,5% sur l'ensemble de 
l'année retenue par le gouvernement. 
    La contribution positive des variations de stocks a permis 
de compenser une demande intérieure poussive et le solde négatif 
du commerce extérieur, selon les premiers résultats. 
    L'institut a dans le même temps confirmé le chiffre du 
deuxième trimestre, à savoir un recul de 0,1% du produit 
intérieur brut (PIB) mais il a revu en baisse de 0,1 point la 
croissance du premier trimestre, à +0,6%.      
    L'acquis de croissance pour 2016, à savoir l'évolution du 
produit intérieur brut (PIB) si l'activité stagnait au 
quatrième, se situe à 1,1% au 30 septembre. 
    "Pour obtenir 1,5% de croissance en 2016, il faudrait après 
le 0,2% du T3, 1,4% au T4. C'est un peu fort je crois", observe 
Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, 
sur Twitter.  
    Il est peu probable que la croissance française atteigne ce 
niveau au quatrième trimestre, d'autant plus que les indicateurs 
de conjoncture suggèrent un mois d'octobre décevant 
 , confirme dans une note Alexandre Mirlicourtois, 
économiste chez Xerfi. Il souligne également qu'"il faut 
remonter au premier trimestre 1990 pour trouver trace d'un tel 
niveau". 
     
    LA REPRISE PAS COMPROMISE, DIT SAPIN 
    Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin s'est 
voulu plus rassurant, estimant dans un communiqué que ce chiffre 
ne remettait pas en cause "la dynamique de reprise". 
    "Il ne change rien sur le front du chômage qui baisse 
nettement, comme sur le front du déficit qui recule et atteindra 
les objectifs fixés", a ajouté Michel Sapin.    
    Le locataire de Bercy a par ailleurs précisé sur RTL que ce 
chiffre ne compromettait pas non plus la prévision du 
gouvernement d'une croissance de 1,5% en 2017.   
    La croissance depuis le début de l'année a été pénalisée par 
des événements ponctuels, à savoir les grèves du printemps, 
l'impact des attentats sur le tourisme, et la faiblesse des 
récoltes agricoles, a-t-il rappelé.  
    Mais "ce sont des événements ponctuels, dont on peut dire et 
espérer qu'ils ne se reproduiront pas et c'est ça qui me fait 
penser que (...) même si ce chiffre qui vient de tomber rend 
difficile d'atteindre 1,5% cette année, je ne vais pas le nier, 
(il) ne remet pas en cause les chiffres de croissance pour 
l'année prochaine", a précisé Michel Sapin.   
    Dans le projet de budget pour 2017, en cours de discussion 
au Parlement, le gouvernement a prévu de ramener le déficit 
public à 2,7% du PIB, en se fondant sur l'hypothèse d'une 
croissance de 1,5%. Mais ce scénario de croissance jugé trop 
optimiste par les économistes   et par le Haut 
conseil des finances publiques   a alimenté les 
doutes sur la capacité de la France à ramener son déficit public 
sous le seuil de 3% du PIB, conformément à ses engagements. 
    Les 37 économistes interrogés par Reuters anticipaient en 
moyenne une croissance de 0,3% pour le troisième trimestre, 
comme la Banque de France. Mais dans sa dernière prévision, 
l'Insee anticipait une croissance de 0,2%. 
     
    PAS DE MOTEUR ENCLENCHÉ 
    Comme sur la période avril-juin, la contribution de la 
demande intérieure finale a été limitée à 0,1 point au troisième 
trimestre.     
    Celle de la variation des stocks des entreprises, très 
volatile, a atteint +0,6 point après -0,8 point au trimestre 
précédent, ce qui a permis de compenser la contribution négative 
du commerce extérieur, qui s'inscrit à -0,5 point après +0,6 
point au deuxième trimestre. 
    Pour Philippe Waechter, la structure du PIB du troisième 
trimestre "ne fait pas rêver", avec une demande intérieure 
faible, beaucoup de stock et un commerce extérieur pénalisant.   
  
    Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages, 
qui soutiennent traditionnellement l'économie française, ont 
stagné pour le deuxième trimestre consécutif. 
    "On voit que la consommation des ménages français ne peut 
plus être le grand moteur de la croissance, parce qu'on a des 
prix qui vont recommencer à augmenter légèrement et donc ça va 
amputer le pouvoir d'achat", a déclaré à Reuters François 
Letondu, économiste chez Société générale.   
    L'investissement global a progressé de 0,3%, l'accélération 
de l'investissement public (+1,1% après +0,4%) et de celui des 
ménages (+0,8% après +0,4%) ayant permis de compenser un 
deuxième recul consécutif de l'investissement des entreprises 
(-0,3% au deuxième comme au troisième trimestre).  
    La confirmation du redressement de l'investissement des 
ménages - et donc du secteur de la construction  - constitue un 
"élément rassurant" pour l'économiste de la Société générale.  
    Cette reprise déjà amorcée dans la construction exerce un 
impact positif sur la croissance, "par des effets directs, sur 
l'investissement des ménages, indirects, sur l'emploi dans le 
secteur et donc à terme sur la consommation", souligne-t-il.  
    Pour François Letondu, il ne s'agit donc pas d'"un 
ralentissement de la croissance française mais plutôt d'une 
stabilisation à un niveau assez faible." 
    Cette évolution inégale, caractérisée par un profil très 
heurté depuis le début 2015, met en évidence que "l'économie 
française reste très dépendante des facteurs de soutien (...) et 
plus généralement de tous les événements extérieurs, ce qui 
montre bien qu'il n'y a pas de dynamique intrinsèque très 
puissante mise en place", indique Axelle Lacan, économiste de 
l'institut COE-Rexecode.   
     
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee :     
    http://bit.ly/2eqT7sM 
     
 Les indicateurs français en temps réel           ECONFR  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel    ECONEZ  
 Le point sur la conjoncture française            ECO/FR  
  
 (Avec Michel Rose, édité par Yves Clarisse) 
 
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