France-L'école accentue les inégalités sociales-étude

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    PARIS, 27 septembre (Reuters) - L'école accroît les 
inégalités sociales en France, selon un rapport publié mardi par 
le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco). 
    Cet organisme indépendant placé auprès du ministère de 
l'Education nationale est parvenu à cette conclusion en 
analysant des travaux commandés à 22 équipes de recherche 
françaises et étrangères, relevant de différentes disciplines: 
sociologie, économie ou encore psychologie.  
    Dans son rapport, le Cnesco note que l'aggravation des 
inégalités à l'école n'est que peu liée à la dégradation du 
contexte économique et social et semble également peu corrélée à 
l'enseignement privé ou au cours particuliers. 
    "Les politiques scolaires menées depuis trois décennies 
expliquent la dégradation des inégalités sociales dans l'école 
française", estime le Cnesco en qualifiant l'école française de 
"lieu de reproduction sociale", sous l'effet d'"une longue 
chaîne de processus inégalitaires" qui s'accumulent tout au long 
de la scolarité.  
    Le Cnesco dresse en particulier le constat d'échec de la 
politique de l'éducation prioritaire, qui "pourrait 
progressivement avoir créé de inégalités de traitement en 
défaveur des élèves défavorisés".  
    "Nous n'avons pas de discrimination positive dans le cadre 
de l'éducation prioritaire, nous avons réellement une 
discrimination qui est négative", a déclaré mardi Nathalie Mons, 
la présidente du Cnesco, sur France inter.   
    "Les élèves défavorisés sont dans des contextes qui sont 
beaucoup moins porteurs pour les apprentissages : ils ont des 
temps d'enseignement qui sont plus courts, ils ont des 
enseignants qui sont moins expérimentés (...) et ils vivent 
aussi dans des contextes en termes d'insécurité et d'incivilité 
qui sont beaucoup moins porteurs", a-t-elle ajouté.      
    Pour le Cnesco, les effets pervers de l'éducation 
prioritaire, auquel environ 1,3 milliard d'euros sont consacrés 
tous les ans, dépassent désormais ses effets positifs, notamment 
parce qu'il avait été conçu pour être temporaire et ciblé et que 
ces deux critères n'ont pas été respectés.  
    Autre élément mis en avant dans ce rapport, le défaut 
d'évaluation des différents dispositifs mis en place pour lutter 
contre les difficultés scolaires. 
    "On essaie surtout de dire que l'on fait quelque chose", 
plutôt que de se soucier de l'efficacité de l'action publique, a 
indiqué Nathalie Mons en invitant à "arrêter l'activisme 
politique".    
    Entre autres recommandations pour réduire les inégalités à 
l'école, le Cnesco invite donc notamment le système éducatif 
français à renoncer aux réformes à répétition et à privilégier 
une logique de prévention plutôt que de traitement de la 
difficulté scolaire. 
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M1903733 il y a 2 mois

    Quand nous n'étions qu'entre gaulois il y avait moins d'inégalité.