France-L'éco-système numérique nantais ne connaît pas la crise

le , mis à jour à 11:24
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NANTES, 4 juin (Reuters) - L'éco-système numérique nantais célèbre cette semaine la mutation de l'économie locale après la fermeture en 1987 des anciens chantiers navals de Nantes, qui avait plongé la sixième ville de France en pleine sinistrose. Symbole de cette renaissance, le "Web2day" réunit jusqu'à vendredi sur ce site historique quelque 2.500 personnes pour un festival digital emblématique de la "French Tech", illustrant le dynamisme des 1.400 entreprises du monde numérique nantais, qui ont créé 4.800 emplois en sept ans et voient chaque année 120 nouvelles entités les rejoindre (éditeurs de logiciels, e-commerçants ou prestataires de services). Nantes profite ainsi de sa qualité de vie, de la richesse de sa vie culturelle et du prix des logements, bien moins élevés qu'à Paris, analyse Adrien Poggetti, directeur d'Atlantic 2.0, une association qui fédère 280 entreprises régionales. "C'est une vraie bouffée d'optimisme dans le climat actuel : on voit ici des gens qui ont le sourire, qui ne sont pas effrayés par le chômage", se réjouit cet homme de 36 ans. "Ils ont la volonté de se faire plaisir tout en travaillant. Au final, cela donne un éco-système hyper bouillonnant." "Il y a ici un ADN favorable à la création d'entreprise, avec des élus locaux qui ont bien saisi l'importance d'investir dans ce domaine-là", ajoute-t-il. "C'est un cercle vertueux, au final : plus on crée de boîtes, plus on en attire." Les étudiants nantais, qui avaient auparavant tendance à trouver leur premier emploi dans la région parisienne, restent ainsi après leurs études dans la cité des Ducs de Bretagne. Mieux : "l'éco-système" numérique nantais a véritablement "siphonné" les talents du monde numérique parisien. Mickael Froger, co-fondateur de Lengow, a ainsi décidé de quitter la capitale en 2010 pour rejoindre Nantes. Depuis, cet entrepreneur et son associé ont créé cent emplois dans leur entreprise, spécialisée dans l'édition de logiciels pour les e-commerçants. Celle-ci devrait en générer vingt autres d'ici la fin de l'année, et 80 de plusen 2016. "Il y a ici une espèce de cooptation entre entrepreneurs, qu'on ne retrouve pas à Paris, où les notions d'ego et de compétition sont plus forts" analyse Mickael Froger. "A Paris, c'est à celui qui fera le plus grosse levée de fonds ou le plus grand nombre de recrutements Ici, quand un type parvient à lever 10 millions d'euros, tout le monde est content pour lui." Le co-fondateur de Lengow trouve ainsi des "simitudes" entre Nantes et la Silicon Valley californienne, par la présence de grandes entreprises emblématiques et de grandes écoles. "Cela reste malgré tout compliqué de se développer à l'international quand on est ici, car Paris demeure une référence mondiale", nuance Mickael Froger. "Il manque aussi de business angels et d'incubateurs solides pour les start-ups." (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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