France-L'échouage du cargo Modern Express est envisagé

le , mis à jour à 21:01
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    * Dernière chance pour le remorquage lundi 
    * Une chance sur deux de réussir, estime Ségolène Royal 
    * Tout est prêt en cas d'échouage, assurent les autorités 
 
 (Avec nouvelles informations et déclarations Royal) 
    BORDEAUX, 31 janvier (Reuters) - Si une dernière tentative 
de remorquage du cargo en détresse Modern Express échoue lundi, 
il ne restera plus qu'à accompagner son échouage sur la côte 
landaise, a déclaré dimanche le préfet maritime de l'Atlantique, 
le vice-amiral Emmanuel de Oliveira. 
    En fin d'après-midi, le navire à la dérive, dont les 22 
hommes d'équipage ont été évacués mardi par des hélicoptères de 
sauvetage espagnols, se trouvait à 82 km (46 nautiques) au large 
du Bassin d'Arcachon (Gironde) et du nord des Landes, a indiqué 
à Reuters la Préfecture maritime. 
    L'objectif est de remorquer le cargo jusqu'à un port 
espagnol, a précisé la ministre de l'Ecologie sur France 5. 
    "Il y a à peu près une chance sur deux de réussir et si le 
remorquage échoue (...) à ce moment-là il faudra laisser arriver 
le cargo sur les côtes landaises", a ajouté Ségolène Royal. 
    A la demande de l'armateur, la société néerlandaise Smit 
Salvage, dont un marin a été blessé, a tenté en vain vendredi de 
fixer une remorque, dans une mer très forte, alors que le cargo 
présente une forte gîte. 
    Les conditions météorologiques se sont encore dégradées 
dimanche, avec des rafales de vent à 80 km/h et des creux de six 
mètres, et n'ont pas permis de renouveler cette tentative. De 
meilleures conditions météo sont attendues lundi. 
    "Il nous reste un créneau favorable demain lundi pour tenter 
de passer une remorque", a dit le préfet. "Mais si la remorque 
n'est pas passée demain dans la journée, le Modern Express 
s'échouera sur la côte sableuse du département des Landes entre 
lundi soir et mardi soir." 
    "Nous accompagnerons bien sûr le navire jusqu'à l'échouage 
en tentant jusqu'au dernier moment de stopper cette dérive", 
a-t-il ajouté. "Tout sera fait ensuite pour maîtriser les 
conséquences de l'échouage." 
     
    400 TONNES DE CARBURANT 
    Le roulier de 164 mètres transporte 3.600 tonnes de bois et 
des engins de travaux publics. Le préfet a assuré que cette 
cargaison ne présentait pas de danger pour l'environnement et 
qu'il ne craignait pas une marée noire. 
    "Mais lors de l'échouage, des brèches pourraient se produire 
dans les soutes entraînant une pollution limitée", a ajouté le 
vice-amiral Emmanuel de Oliveira. 
    Selon la préfecture des Landes, les pouvoirs publics ont 
déjà mobilisé des moyens importants de lutte anti-pollution 
(barrages, pompes, chaluts, matériel chimique de traitement des 
polluants, militaires) pour faire face à cette éventualité. 
    Sont également prêts à intervenir les moyens de la zone de 
défense dédiés au plan d'intervention contre les pollutions 
marines (POLMAR) et du Ministère de l'Intérieur (sécurité 
civile), ajoute la préfecture des Landes. 
    Enfin, toutes les communes du littoral landais 
potentiellement concernées ont été mises en alerte. 
    Ségolène Royal a précisé que le navire contenait encore 400 
tonnes de carburant.  
    "Il y a une inquiétude et une grande vigilance parce que 400 
tonnes, ce n'est pas rien", a dit la ministre, qui a annoncé 
qu'elle irait sur place en cas d'échouage. 
    Le navire avait lancé un appel de détresse mardi après-midi 
après avoir pris une forte gîte pour une raison indéterminée, à 
270 kilomètres environ de la pointe Nord-Ouest de l'Espagne. Il 
était alors à 500 km à l'Ouest de La Rochelle.  
    Ségolène Royal a estimé que cet accident était sans doute dû 
à un mauvais arrimage de la cargaison. 
 
 (Claude Canellas, avec Emmanuel Jarry à Paris) 
 
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