France-L'avenir présidentiel de Nicolas Sarkozy s'assombrit

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    * L'ex-chef de l'Etat mis en examen pour financement illégal 
    * Retenue au sein des Républicains, soutien de Juppé 
    * Candidature à la primaire compromise ? 
 
    PARIS, 17 février (Reuters) - Les Républicains ont fait 
preuve mercredi de solidarité au lendemain de la nouvelle mise 
en examen de Nicolas Sarkozy, qui assombrit un peu plus l'avenir 
politique de l'ancien chef de l'Etat, à la peine dans les 
sondages et contesté dans son propre camp à 14 mois de 
l'élection présidentielle de 2017.  
    L'ancien président a été entendu mardi pendant une dizaine 
d'heures par les juges avant d'être mis en examen pour 
financement illégal de campagne électorale pour avoir dépassé le 
plafond légal de dépenses en 2012.   
    L'enquête portait à l'origine sur des fausses factures 
présumées émises pour un montant de 18 millions d'euros par la 
société Bygmalion pour couvrir des dépassements du budget de 
campagne. Elle a été élargie en octobre à d'autres dépenses de 
l'ex-UMP, d'un montant de 13,5 millions d'euros. 
    Le président des Républicains, qui assure avoir tout ignoré 
des pratiques de Bygmalion, a par ailleurs été placé sous le 
statut de témoin assisté pour les chefs d'usage de faux, 
escroquerie et abus de confiance.  
    Il était déjà mis en examen dans l'affaire des "écoutes", 
des chefs de trafic d'influence actif, corruption active et 
recel de violation de secret professionnel et de nombreux autres 
dossiers judiciaires le menacent.   
    Dès mardi soir, Alain Juppé, son principal rival et favori 
dans la course à la primaire de la droite et du centre en 
novembre, a exprimé son soutien à son adversaire.  
    "Je souhaite pour nous tous que Nicolas Sarkozy fasse 
prévaloir son bon droit", a écrit le maire de Bordeaux sur son 
compte Twitter en évoquant la "présomption d'innocence". 
     
    QUALIFIE POUR LA PRIMAIRE 
    Mercredi, le président du Sénat et membre de la commission 
d'organisation de la primaire LR, Gérard Larcher, a estimé que 
Nicolas Sarkozy, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, 
n'était pas pour autant disqualifié pour la compétition.  
    "Bien sûr qu'il est qualifié comme d'autres pour s'y 
présenter", a-t-il dit sur Europe 1 en rappelant ses 
"divergences" avec l'ancien président.  
    Pour Eric Ciotti, soutien de Nicolas Sarkozy, cette 
"épreuve" va renforcer la combativité du président de LR. 
    "Il a toujours fait face avec beaucoup de dynamisme et de 
volontarisme aux difficultés, aux épreuves, il le fera une fois 
de plus", a-t-il estimé sur France Info. 
    Le député des Alpes-Maritimes a dénoncé "une forme 
d'acharnement" contre Nicolas Sarkozy à qui "rien n'aura été 
épargné" par ceux qui le considèrent comme un obstacle.  
    Mais cet épisode judiciaire survient à un mauvais moment 
pour le chef de file de l'opposition confronté à un nombre 
grandissant de rivaux pour 2017 au sein de sa formation et lâché 
dans les sondages par Alain Juppé.   
     
    CANDIDATURE COMPROMISE ?  
    Cette mise en examen "tombe à une période un peu 
compliquée", a reconnu le député LR Marc Le Fur, à Reuters.  
    "Je crois à son honnêteté et on a pu constater que, chaque 
fois qu'on a entrepris contre lui des procédures, elles ont fait 
pschitt à la fin. Le seul problème c'est que le calendrier 
évidemment est un peu compliqué".  
    Même inquiétude voilée de l'ex-conseiller spécial de Nicolas 
Sarkozy quand ce dernier était à l'Elysée, Henri Guaino. 
    "Nous vivons dans une époque où une mise en examen, même 
injustifiée, même si elle ne débouche pas sur une condamnation, 
atteint la réputation des personnes" a-t-il dit sur BFM TV RMC. 
    Avec cette mise en examen, la candidature de Nicolas Sarkozy 
à la présidentielle "est très compromise", a renchéri François 
Miquet-Marty de l'institut de sondages Vivavoice.  
    "Sa candidature est devenue aujourd'hui extrêmement 
difficile. De probable après son élection à la tête des 
Républicains, elle est devenue éventuelle à cause du succès 
d'Alain Juppé, mais maintenant elle paraît improbable." 
    "Ça légitime d'autant plus la candidature Juppé ce qui est 
plus handicapant pour François Hollande", ajoute-t-il.  
    Jérôme Fourquet de l'Ifop se montre lui plus prudent sur les 
conséquences de ce dossier judiciaire pour l'ancien président. 
    "Nicolas Sarkozy a déjà été confronté à la justice dans 
plusieurs affaires et jusqu'à présent ça ne l'a pas empêché de 
poursuivre sa carrière politique", souligne l'analyste.  
 
 (Marine Pennetier et Ingrid Melander, avec Emile Picy, édité 
par Yves Clarisse) 
 
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