France-L'attentat de Nice revendiqué par Daech, 5 gardes à vue

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    * Les services français vérifient la revendication de Daech 
    * L'attaque de jeudi soir a fait 84 morts et 202 blessés 
    * L'auteur n'était pas connu des services de renseignement 
 
    PARIS, 16 juillet (Reuters) - Le groupe Etat islamique 
(Daech) a revendiqué samedi l'attaque meurtrière au camion 
frigorifique perpétrée jeudi soir à Nice par un Tunisien de 31 
ans, dont la femme et "quatre relations présumées" sont en garde 
à vue. 
    Daech a attendu plus de 36 heures avant de revendiquer, via 
son agence de communication Amaq cette attaque, qui a fait 84 
morts et 202 blessés et dont l'auteur, Mohamed Lahouaiej 
Bouhlel, n'était pas connu des services de renseignement. 
    Les services de renseignement français sont en train de 
vérifier l'authenticité de cette revendication, a-t-on appris 
auprès du ministère de l'Intérieur, alors que François Hollande 
présidait un conseil de défense restreint à l'Elysée. 
    "L'homme qui a mené l'opération à Nice, en France, visant à 
renverser des passants, était un soldat de l'Etat islamique", 
écrit l'agence Amaq, voie habituelle de communication du groupe 
djihadiste en pareil cas. 
    "Il a mené cette opération afin de répondre aux appels à 
frapper des ressortissants de pays prenant part à la coalition 
combattant l'Etat islamique", ajoute ce message. 
    Le procureur François Molins, responsable de l'enquête, 
avait déclaré vendredi que l'attaque de Nice portait la marque 
de l'extrémisme islamique, bien que son auteur, abattu par la 
police au terme de sa course meurtrière, n'ait pas été connu par 
les services de renseignement français.   
    Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Lahouaiej 
Bouhlel, qui n'était pas non plus fiché pour radicalisation, a 
pu bénéficier de complicités. 
    Trois hommes ont été arrêtés samedi matin à Nice dans le 
cadre de l'enquête, a-t-on appris de source policière. 
     
    LE FOLL RÉPOND À LA DROITE 
    Cela porte à cinq personnes gardées à vue, dont la femme du 
tueur et un homme interpellés vendredi, a-t-on précisé à Reuters 
de source judiciaire. Les quatre hommes sont "des relations 
présumées" de l'auteur de l'attaque, un chauffeur-livreur, 
a-t-on ajouté de même source. 
    Les arrestations de samedi ont eu lieu dans deux endroits 
distincts de la ville, précise-t-on de source policière. 
    Selon un journaliste de Reuters sur place, une quarantaine 
de policiers sont notamment intervenus à six heures du matin rue 
Miollis, au nord de la gare de Nice, au premier étage d'un petit 
immeuble d'habitation, où ils ont arrêté un homme. 
    Il y avait aussi une femme et un enfant dans l'appartement 
perquisitionné. Des voisins interrogés par Reuters ont dit ne 
pas connaître vraiment le couple.      
    Les policiers ont également fouillé une voiture, une Renault 
Laguna, garée à proximité. 
    Un des officiers de police présent sur place a précisé qu'il 
s'agissait de "l'entourage proche" du tueur. 
    Élus et dirigeants du parti Les Républicains (LR) ont mis en 
cause la responsabilité du gouvernement dès les heures qui ont 
suivi l'attaque.   
    "Ceux qui, après un drame comme celui-là, viennent dire 
qu'ils auraient la solution et qu'avec eux il ne se serait rien 
passé, je les laisse à leur manque total de responsabilité", a 
répliqué samedi le porte-parole du gouvernement sur Europe 1.  
    Interrogé sur le conseil de défense, Stéphane le Foll a par 
ailleurs précisé que des évaluations étaient notamment en cours 
"sur la question du renseignement" et sur le "retour 
d'expérience" à avoir dans ce type de situation.   
    Le conseil de défense a été suivi par une réunion élargie 
aux autres ministres.   
 
 (Emmanuel Jarry, avec Marine Pennetier et Simon Carraud à 
Paris, Michel Bernouin à Nice, Omar Fahmy au Caire) 
 
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