France-L'assignation à résidence d'un islamiste présumé confirmée

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    TOULOUSE, Haute-Garonne, 1er septembre (Reuters) - Le 
tribunal administratif de Toulouse a rejeté jeudi la demande de 
suspension de l'arrêté d'assignation à résidence pris contre 
Farouk Ben Abbes, islamiste présumé belgo-tunisien, tenu de 
résider à Toulouse depuis plus de dix mois dans le cadre de 
l'état d'urgence. 
    La juridiction était saisie dans le cadre d'une procédure de 
référé-liberté demandant la suspension de l'assignation à 
résidence du jeune homme de 31 ans, intervenue au lendemain des 
attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. 
    Pour Me Vincent Brengarth, l'avocat de Farouk Ben Abbes, 
cette mesure administrative qui lui impose un pointage 
obligatoire trois fois par jour au commissariat, est d'une 
"disproportion manifeste".  
    "Les faits auxquels se réfère l'assignation à résidence 
datent de 2008 et 2009 et pour ces faits, la planification 
supposée d'attentat en France, mon client a bénéficié d'un 
non-lieu", a déclaré Me Vincent Brengarth.  
    "Il n'a rien à voir avec les attentats du Bataclan", a-t-il 
ajouté en précisant avoir l'intention de faire appel de la 
décision du tribunal administratif. 
    Pour l'avocat, cette assignation à résidence constitue une 
"atteinte à la liberté" de Farouk Ben Abbes, déjà soumis à un 
contrôle judiciaire depuis sa mise en examen en 2009 dans le 
cadre d'une autre enquête pour "association de malfaiteurs en 
relation avec une entreprise terroriste",  pour des faits qui 
selon son avocat, relèvent de l'apologie du terrorisme. 
    Farouk Ben Abbes est connu depuis le début des années 2000 
pour sa fréquentation du centre islamique de la rue de la Limite 
à Saint-Josse-ten-Noode, dans la banlieue de Bruxelles, où 
enseigne le cheikh salafiste Abou Chamya. 
    En 2003, il y rencontre Jean-Michel et Fabien Clain, les 
deux frères originaires de Toulouse qui ont revendiqué dans un 
enregistrement audio les attentats du 13 novembre 2015 au nom de 
l'Etat Islamique. 
     En 2009, les noms de Fabien Clain et Farouk Ben Abbes 
étaient apparus dans une enquête sur des menaces d'attentat 
ciblant le Bataclan mais le djihadiste belge présumé avait 
finalement bénéficié d'un non-lieu. 
    Le ressortissant belge, né de parents tunisiens, avait été 
condamné le 21 mars dernier par le tribunal correctionnel de 
Toulouse à trois mois de prison ferme pour violation de son 
assignation à résidence et placé en détention.  
    Selon le ministère de l'Intérieur, Farouk Ben Abbes 
continuerait d'entretenir des "relations suivies" avec la 
mouvance islamiste radicale à Toulouse depuis sa sortie de 
prison en mai 2016. 
    Pour ses avocats, sa "fréquentation supposée" d'une 
librairie islamique toulousaine et sa présence à un mariage 
religieux auquel auraient participé des islamistes radicaux" 
n'apportent "pas le commencement d'une preuve" que Farouk Ben 
Abbes présenterait un trouble à l'ordre public".     
 
 (Johanna Decorse, édité par Myriam Rivet) 
 
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