France-L'arbitrage Tapie pas fondé, estime la police-Le Monde

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PARIS, 11 septembre (Reuters) - Bernard Tapie n'a pas été lésé par le Crédit Lyonnais lors de la revente d'Adidas en 1993, ce qui remet en cause le bien-fondé de l'arbitrage dont il a bénéficié en 2008, estiment les policiers de la brigade financière qui ont enquêté sur cette procédure, écrit jeudi Le Monde. Les juges en charge de l'enquête sur cet arbitrage contesté soupçonnent un "simulacre d'arbitrage". Ils ont mis cinq personnes en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans le volet non-ministériel de l'affaire. "Les faits ayant pu être établis par les investigations ne permettent pas de donner crédit à la thèse de M. Tapie et aux conclusions des arbitres", conclut un rapport de police du 9 juillet dernier dont Le Monde dit avoir pris connaissance. "Les investigations conduites sur ces événements passés de plus de vingt ans et dont plusieurs acteurs sont décédés ont néanmoins permis de déterminer que M. Tapie avait été pleinement associé aux opérations" liées à la revente d'Adidas, poursuit le document, estimant que le raisonnement des arbitres "reposait sur des documents non conformes à la réalité." Bernard Tapie a toujours affirmé que la revente d'Adidas s'était opérée "à son insu", rappelle Le Monde. Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003, a quant à lui toujours soutenu que l'homme d'affaires n'avait pas été lésé, contestant la version retenue par les juges-arbitres. "C'est pas les policiers qui font la justice", a réagi jeudi Bernard Tapie sur France Info. "La justice c'est des magistrats qui écoutent les parties (...) faut arrêter ce cirque-là." Cinq personnes ont été mises en examen pour escroquerie en bande organisée dans le volet non-ministériel de cette affaire : le juge-arbitre Pierre Estoup, Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, le PDG d'Orange ORAN.PA et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie Stéphane Richard et Jean-François Rocchi, ancien président du CDR. Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a pour sa part été mise en examen pour négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ayant mené à la destruction, au détournement ou à la soustraction par un tiers de fonds publics. Un tribunal arbitral a condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation, véhicule public chargé de liquider les actifs pourris du Crédit Lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts). (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)


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  • rodde12 le jeudi 11 sept 2014 à 16:41

    L'avis de la police! C'est quand même mieux que celui de la concierge. NON?