France-L'aile gauche du PS prête à en découdre sur la Loi Macron

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* Martine Aubry, fer de lance de la contestation * Les frondeurs assurent avoir les voix pour bloquer le texte * Valls se dit "certain" de la faire approuver sans "49.3" par Julien Ponthus PARIS, 10 décembre (Reuters) - L'aile gauche du Parti socialiste emmenée par Martine Aubry a confirmé mercredi sa volonté d'en découdre avec le gouvernement sur la loi Macron, y voyant un combat emblématique des différences idéologiques qui opposent les "deux gauches". Sortie cet été du silence médiatique qu'elle s'était imposé depuis l'élection de François Hollande en 2012, l'ancienne patronne du PS a pris la tête de la contestation à l'extension du travail du dimanche prévue par la loi Macron. ID:nL6N0TU2JF "Je combattrai cette régression pour notre société au niveau national comme dans ma ville", ajoute l'ancienne ministre du Travail, qualifiant l'examen du texte au parlement de "moment de vérité" dans une tribune publiée par Le Monde. Présenté mercredi en conseil des ministres, le projet de loi pour la croissance et l'activité du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, prévoit de faire passer, sur autorisation du maire, le nombre de dimanches ouverts par an de cinq à douze. Pour Jean-Luc Mélenchon, l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012, cette loi doit être torpillée grâce à une mobilisation dans la rue. ID:nL6N0TU1NX "Il faut tracer une ligne d'arrêt sur laquelle nous pourrions remporter une victoire contre le libéralisme. Ce point d'arrêt, c'est le point Macron", explique le député européen. Au Parti socialiste, la contestation déborde du cadre de la trentaine de députés "frondeurs" qui s'abstiennent régulièrement de soutenir le gouvernement. Cette fois, des élus socialistes font savoir qu'ils voteront contre le projet de loi s'il reste en l'état, une perspective qui, selon eux, rend son approbation incertaine sans l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, qui permet au gouvernement de passer en force. "Ça ne passe pas", assure à Reuters le député frondeur Jean-Marc Germain, qui rappelle que les votes du budget n'ont été acquis qu'avec une marge de 20 voix. "On transforme nos quarante voix d'abstention en votes contre et comme il n'y a que vingt voix d'écart entre les 'pour' et les 'contre', ça ne passe pas." PEAU DE CHAGRIN "Les budgets, c'est très difficile pour les députés de la majorité de voter contre, c'est l'appartenance même à la majorité, cette logique-là ne fonctionnera pas" pour ce texte, estime le député Laurent Baumel pour qui "la possibilité qu'un nombre important de députés votent contre ce texte existe". Ce dernier appelle donc le gouvernement à "retirer du texte les points les plus controversés". Un poids lourd de la majorité, qui est pourtant réformiste, estime que le gouvernement devra céder du terrain. "A partir du moment où la majorité s'est retrécie, on ne peut plus faire grand-chose", a-t-il déclaré. "Ça se réduit comme peau de chagrin. Sur le dimanche, il va devoir lâcher." Mais le Premier ministre s'est dit mercredi "certain" de gagner la bataille parlementaire, tout comme le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux. ID:nL6N0TU2B2 Accusé par la droite d'avoir abandonné toute volonté de réformer en profondeur l'économie française, Manuel Valls a au contraire proposé tout un agenda de réforme courant jusqu'à la fin du mandat de François Hollande en 2017. "La volonté réformatrice du gouvernement est intacte", a-t-il rappelé, ajoutant qu'il était prêt à un large dialogue avec sa majorité sans pour autant rogner ses ambitions. D'autres voix au Parti socialiste tiennent à relativiser les oppositions sur ce texte. "On avait des débats qui étaient bien plus violents au moment du projet de loi de financement de la sécurité sociale", rappelle Juliette Méadel, porte-parole du Parti socialiste, selon qui l'utilisation du 49.3 ne sera pas nécessaire. "Il y a des gens qui ne sont pas d'accord, d'abord ils ne sont pas majoritaires et ensuite il se trouve que sur ce texte, le gouvernement est dans une attitude de dialogue, donc je n'y crois pas", a-t-elle expliqué. (avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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