France-L'aide à l'emploi des jeunes trop complexe-Cour des comptes

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    PARIS, 5 octobre (Reuters) - La Cour des Comptes préconise 
de repenser et simplifier la gamme des dispositifs destinés à 
favoriser l'accès des jeunes à l'emploi, afin de les rendre plus 
pertinents et plus efficients. 
    Dans un rapport publié mercredi synthétisant les conclusions 
d'une enquête menée avec les chambres régionales des comptes, la 
Cour souligne qu'en dépit d'un coût élevé et croissant, "les 
résultats obtenus du point de vue de l'accès à un emploi durable 
ne sont à la mesure, ni des objectifs affichés, ni des moyens 
mobilisés".  
    Pour répondre aux difficultés croissantes d'accès à l'emploi 
des jeunes, qui ont encore été aggravées par la crise économique 
de 2008, les dispositifs proposés au niveau national, régional 
et local s'articulent sur trois leviers: les aides directes à 
l'emploi, l'accompagnement et la formation.  
    Ils constituent selon la Cour "un système particulièrement 
complexe", où se superposent de nombreux instruments parfois 
redondants, qui mettent en jeu de multiples intervenants allant 
de l'Etat et des collectivités locales aux partenaires sociaux 
en passant par les acteurs économiques et associatifs. 
    Malgré la multiplicité des dispositifs, la diversité des 
situations des jeunes et de leurs besoins n'est pas forcément 
couverte.          
    La priorité politique marquée en faveur de l'emploi des 
jeunes, qui s'est traduite par un effort public de près de 10,5 
milliards d'euros en 2015, s'est soldée par des résultats jugés 
décevants par la Cour.  
    "Moins d'un tiers des crédits d'accompagnement sont 
aujourd'hui orientés vers les modalités les plus intensives et 
les plus efficaces du point de vue de l'accès à un emploi 
durable", relève la Cour en plaidant donc pour un redéploiement 
des effectifs et des crédits vers la Garantie jeunes, les 
dispositifs de deuxième chance et l'alternance, plus performants 
que l'accompagnement de longue durée assuré par Pôle emploi ou 
les missions locales. 
    Cette réorientation des moyens est d'autant plus nécessaire 
que les contrats aidés "engendrent d'importants effets 
d'aubaine, tant dans le secteur privé que public". 
    Pour la Cour des comptes, la durée de ces contrats - en 
particulier celle des emplois d'avenir - devrait donc être 
réduite et la transition vers des formations devrait être 
facilitée.  
    Notant que les dispositifs nationaux sont souvent développés 
sans tenir compte des besoins réels des jeunes ni de 
l'expérience des dispositifs antérieurs, la Cour suggère 
également, entre autres pistes, d'organiser l'accompagnement à 
l'échelle du bassin d'emploi, autour d'un nombre réduit de 
dispositifs et en l'assortissant d'une évaluation des 
performances des opérateurs.  
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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