France/L'affaire Bettencourt à nouveau devant la justice

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    * François-Marie Banier conteste tout abus de faiblesse 
    * La milliardaire souffre officiellement de démence 
    * D'autres condamnés en première instance ont renoncé à 
l'appel 
 
    BORDEAUX, 9 mai (Reuters) - Quatre des huit condamnés pour 
abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal 
Liliane Bettencourt reviennent devant la cour d'appel de 
Bordeaux à partir de mardi, un an après la fin de leur procès en 
première instance. 
    Le photographe et confident de la milliardaire, 
François-Marie Banier, avait été le plus lourdement condamné 
pour abus de faiblesse et blanchiment à trois ans de prison dont 
six mois avec sursis, 350.000 euros d'amende, au versement de 
158 millions d'euros de dédommagements sur le plan civil, et à 
la confiscation de deux immeubles saisis durant la procédure. 
    Son compagnon Martin d'Orgeval, condamné à 18 mois de prison 
avec sursis et 150.000 euros d'amende pour avoir bénéficié de 
libéralités, revient aussi dans le prétoire, tout comme l'avocat 
Pascal Wilhelm, condamné à 30 mois de prison dont un an avec 
sursis et 250.000 euros d'amende, pour avoir accompli des actes 
de gestion de patrimoine préjudiciables à Liliane Bettencourt. 
     Le notaire Patrice Bonduelle, condamné pour complicité 
d'abus de faiblesse de la milliardaire qui souffre 
officiellement de démence à une peine de prison avec sursis de 6 
mois assortie d'une amende de 80.000 euros, comparaît aussi. 
    L'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, 
Patrice de Maistre, le seul à avoir effectué trois mois de 
détention provisoire, avait été condamné à trois ans de prison 
dont un an avec sursis et 250.000 euros d'amende. 
    Il a renoncé à faire appel après avoir trouvé un accord 
transactionnel avec le tuteur de la milliardaire, sa fille 
Françoise Bettencourt-Meyers et sa famille. 
    Un septième condamné avait fait appel mais il est décédé 
depuis. Il s'agit de Carlos Cassina Vejarano, ex-gestionnaire de 
l'île des Bettencourt dans les Seychelles. 
     
    L'EX-COMPTABLE SOUPÇONNE DE FAUX TÉMOIGNAGE 
    Reconnu coupable en première instance, l'homme d'affaires 
Stéphane Courbit, condamné à 250.00 euros d'amende pour abus de 
faiblesse, n'a pas interjeté appel et a conclu un accord avec la 
famille Bettencourt s'engageant à rembourser les 140 millions 
d'euros investis par la milliardaire dans ses affaires. 
    L'ex-ministre UMP Eric Woerth, poursuivi pour recel, avait 
été relaxé, tout comme le sera quelques mois plus tard 
l'infirmier de la milliardaire, Alain Thurin, jugé séparément 
après avoir tenté de mettre fin à ses jours. 
     L'acte d'accusation repose en partie sur les déclarations 
de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, qui a 
été depuis été mise en examen à Paris pour faux témoignage. 
     Le juge parisien Roger Le Loire soupçonne notamment Claire 
Thibout d'avoir menti en échange d'un versement de 400.000 euros 
d'indemnités et d'un prêt de 300.000 euros de la part de 
Françoise Bettencourt-Meyers, qui avait déposé la première 
plainte pour abus de faiblesse en 2007. 
     La fille de la milliardaire a même été convoquée récemment 
par le juge mais a refusé de s'y rendre. 
     Le parquet de Bordeaux a fait appel des relaxes générales 
dans le dossier des enregistrements clandestins des 
conversations au domicile de la milliardaire sur lesquels une 
partie importante des accusations étaient fondées. 
    L'auteur des enregistrements, l'ex-majordome de Liliane 
Bettencourt, et les cinq journalistes qui en avaient diffusé des 
extraits ont bénéficié de cette relaxe. 
    Il a également fait appel de la relaxe de la juge Isabelle 
Prévost-Desprez, qui était poursuivie pour "violation du secret 
de l'instruction". 
 
 (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse) 
 
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