France-Kosciusko-Morizet candidate à la primaire à droite

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    * Une frondeuse dans la campagne 
    * Une élue isolée dans son camp 
    * Un projet en rupture avec Sarkozy 
 
    PARIS, 8 mars (Reuters) - Nathalie Kosciusko-Morizet, 
ancienne ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy, a annoncé 
mardi soir sa candidature à la primaire de la droite et du 
centre pour la présidentielle de 2017, un défi de taille pour 
cette "dissidente". 
    A 42 ans, la députée de l'Essonne, présidente du groupe Les 
Républicains au Conseil de Paris, porte à dix le nombre de 
prétendants au scrutin des 20 et 27 novembre. 
    Deuxième candidate après Nadine Morano, Nathalie 
Kosciusko-Morizet a choisi de se déclarer à l'occasion de la 
Journée internationale des droits des femmes. 
    "Oui je suis candidate, je suis candidate à la primaire", 
a-t-elle déclaré au journal de 20 heures de TF1. 
    "Je suis candidate pour donner à chacun les moyens de la 
maîtrise de sa vie. (...) Ce n'est pas une question de pouvoir, 
c'est une question de puissance de la société", a-t-elle 
souligné. "Je veux porter une conception différente du pouvoir". 
    Par son positionnement au centre-droit, l'ex-numéro deux des 
Républicains, qui est créditée au mieux de 5% des intentions de 
vote pour la primaire, affronte le favori des sondages, Alain 
Juppé, sur son terrain. 
    Un pari risqué, autant que la chasse aux parrainages (250 
élus, dont au moins 20 parlementaires et 2.500 militants) qui 
s'ouvre pour cette élue dont la liberté de ton et l'ambition en 
irritent plus d'un à droite. 
    Candidate malheureuse à la mairie de Paris en 2014, elle 
avait été notamment attaquée pour son "égocentrisme" et un 
tempérament de "tueuse". 
    Se revendiquant des "visionnaires" contre les 
"réactionnaires", Nathalie Kosciusko-Morizet a été écartée en 
décembre dernier de la vice-présidence de LR après qu'elle eut 
critiqué une nouvelle fois la stratégie de Nicolas Sarkozy face 
au Front national : ni désistement ni fusion avec les listes 
socialistes au second tour en cas de duel avec le FN. 
    Elle avait alors dénoncé des méthodes "staliniennes", 
critiquant la ligne identitaire de l'ancien président, et 
s'était dit confortée dans sa volonté de concourir à 
l'investiture présidentielle. 
     
    UN PROJET LIBÉRAL 
    Dans un livre à paraître mercredi, "Nous avons changé de 
monde", elle expose les grandes lignes de son projet libéral. 
    Cette polytechnicienne prône notamment la fin des 35 heures, 
la dégressivité des allocations chômage, l'assouplissement des 
critères de licenciement, la suppression du statut de 
fonctionnaire généralisé. 
    "Le passage sous droit privé aurait plusieurs avantages: 
cela faciliterait la gestion des corps de l'État qui est un vrai 
casse-tête", déclarait-elle récemment dans une interview à La 
Tribune. 
    "On pourrait aussi instituer une vraie politique de 
ressources humaines et les allers/retours public-privé 
permettraient une respiration. Je sais de quoi je parle, j'ai 
démissionné de la fonction publique." 
    Mère de deux enfants, elle détonne dans son camp par ses 
positions sur les thèmes de société. Hostile à l'extension de la 
déchéance de nationalité pour les crimes et délits terroristes, 
elle défend le mariage homosexuel et la procréation médicalement 
assistée (PMA) pour les couples de même sexe mais est contre la 
GPA (gestation pour autrui). 
    Elle milite en outre pour les normes environnementales que 
Nicolas Sarkozy ou Bruno Le Maire s'emploient à dénigrer auprès 
des agriculteurs. Elle avait taxé les climato-sceptiques de 
"connards". 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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